Mantis
Après 15 jours de vacances des enfants pendant que moi je télétravaillais, j’avais l’impression d’être en confinement. Je n’ai pas osé les laisser chez mes parents à cause de ces foutus variants et des vaccins qui prennent de plus en plus des airs d’arlésienne (ou de dahu, ou de Godot qu’on attend en vain et qui ne vient jamais).
Bref, 15 jours enfermée à ne voir personne à part, la première semaine, les gens du CMP et les agents de caisse de Monop (même s’ils sont hyper sympas, c’est assez bref comme lien), c’est pas top. Alors pour fêter ce dernier jour de vacances, j’ai décidé de faire un plat qui sort de l’ordinaire, un truc un peu plus élaboré et susceptible de plaire à tout le monde.
Après avoir scrollé, feuilleté, cogité, j’ai jeté mon dévolu sur les mantis arméniens.
Alors petite pause : le manti, c’est un peu comme le baklava : plein de pays en revendiquent la paternité, notamment la Turquie.
Pour ne froisser personne, on dira donc que le manti est très présent dans toute la région du Caucase : Arménie, Turquie, Azerbaïdjan, Kirghiztan, Kazakhstan, Turkménistan et Ouzbekistan et on le retrouve jusqu’en Afghanistan – sous le nom de Mantou - ainsi que chez les Ouighours (quand ils ne se font pas exterminer par les chinois dans l’indifférence la plus totale).
Moi, j’ai choisi de parler de manti arménien car toutes les personnes qui m’en ont parlé sont originaires d’Arménie.
J’ai trouvé plusieurs recettes et j’ai pioché à droite et à gauche, en aromatisant selon mes goûts. Au départ, je voulais partir sur une farce aux saveurs indiennes mais je me suis dit que je cuisine souvent indien et j’ai finalement pimpé ma viande avec un zeste de citron et une cuillère à café de câpres.
Mauvaise idée : le Gremlin, qui a le pif aussi fin qu’un cochon truffier, m’a rodée direct. Il n’avait même pas goûté qu’il me sortait, outré : « Eh, ça sent les câpres, vas-y ça s’fait pas, j’aime pas les câpres moi ! ».
Bon, en vrai, ça m’a emmerdée sur le coup mais j’étais surtout hyper fière de lui, parce que repérer une minuscule cuillère à café de câpres mixées dans 700 g de viande juste à l’odeur, faut quand même le faire.
J’ai réussi à le faire manger grâce à la sauce. Je pense qu’il a un peu aimé mais il était trop fier pour le dire. Moi, j’ai trouvé ça super bon mais c’est vraiment long à préparer. Gros bonus : le visuel en jette vraiment. J’imagine déjà plein de garnitures différentes : avec du pulled porc, avec de l’agneau, avec du chili con carne, une version végé avec de la Brousse/Ricotta….
Je laisse la recette ici pour les courageu.x.ses qui voudraient se lancer, les proportions sont pour 4 à 5 personnes. Je les ai servis tels quels en plat principal.
Ingrédients (4 à 5 personnes)
Pour la pâte
- 500 g de farine
- 1 œuf
- 1 cuillère à café de sel
- 250 ml environ d’eau tiède
Pour la farce
- 700 g de bœuf haché
- 2 petits oignons
- 3 oignons verts
- 4 gousses d’ail
- 1 zeste de citron
- 1 cuillère à café de câpres
- Sel, poivre
- 700 ml environ de bouillon de volaille (maison de préférence)
Pour la sauce
- 2 yaourts doux (Fjord pour moi)
- 2 petites gousses d’ail
- 1 botte de ciboulettes
- 2 cuillères d’huile d’olive de qualité
- Sel poivre
Commencer par préparer la pâte.
Dans un saladier, mettre les ingrédients et malaxer jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts. On doit pouvoir former une boule souple.
Laisser reposer à température ambiante.
Dans un petit mixeur, mettre les oignons, les oignons frais avec la partie verte, les gousses d’ail dégermées, les câpres. Mixer assez finement et mettre dans un saladier avec la viande. Ajouter le zeste de citron, saler, poivrer et mélanger. Avec les mains, c’est mieux.
Séparer la pâte en 4, prendre un morceau et l’étaler en un rectangle très fin.
Découper des carrés d’environ 8cm x 8cm et déposer une boule de farce au centre de chaque carré de pâte.
Refermer le carré bord à bord et souder les côtés en laissant le dessus ouvert. On obtient donc une sorte de ravioli ouvert, en forme de bonbon.
Beurrer généreusement un plat qui va au four et déposer le manti, puis continuer jusqu’à épuisement des ingrédients en serrant bien les mantis.
Préchauffer le four à 180°C.
Sur chaque manti, déposer un petit morceau de beurre (sur la farce) puis enfourner pour 35 minutes.
Préparer la sauce en mélangeant le yaourt, l’ail écrasé, la ciboulette ciselée, l’huile d’olive, le sel et le poivre. Réserver au frais.
Faire chauffer le bouillon de volaille.
Au bout de 35 minutes, sortir le plat du four et à l’aide d’une louche, arroser généreusement de bouillon (j’en ai mis jusqu’à mi plat).
Remettre dans le four pour un petit quart d’heure, pour que les Mantis se gorgent de bouillon.
Déguster les Mantis bien chauds accompagnés de la sauce au yaourt.






