Aubergines panées
Depuis toute petite, je mange tous les légumes même si certains ne me font pas franchement grimper au plafond, comme les blettes, le céleri rave et les pousses de bambou. Et puis il y a ceux que je mange uniquement s’ils baignent dans le gras, avec en tête de liste l’aubergine.
Quel que soit le mode de préparation, pour que je l’aime, il faut qu’elle soit grasse : en beignets comme faisait ma grand-mère (et comme fait ma mère), en moussaka dont on a passé les tranches à la poêle avec plein d’huile d’olive, en caviar avec plein d’huile d’olive, en gratin avec plein d’huile d’olive comme Mémé Marguerite (tiens, encore une recette que je dois demander à ma mère).
L’autre jour, mes parents m’avaient apporté trois magnifiques aubergines cueillies chez Fraisochamp, les dernières de la saison, et je ne savais pas vraiment comment j’allais les cuisiner.
J’ai finalement décidé de les faire en beignets un soir, pour les Gremlins mais c’était sans compter la désobéissance congénitale de Gremlin. Quand je l’ai récupéré après la séance de sa sœur au CMP, il a refusé de rentrer de suite et est resté sur la place à jouer avec ses copains.
Alors une partie de moi avait envie de forcer le truc et de l’obliger à rentrer. Et puis l’autre partie s’est souvenue de cette petite fille qui, il y a très longtemps, ne voulait jamais se séparer de sa meilleure amie, voulait toujours rester encore un peu à jouer avec elle, parce qu’elle savait qu’à la maison, elle allait se retrouver toute seule. Alors j’ai cédé et j’ai laissé Gremlin profiter de ses potes, parce que les copains, c’est vraiment super important.
Sauf qu’avec ces histoires, on est remontés à la maison assez tard, et une fois les devoirs faits, les douches prises et le lave-vaisselle vidé, la soirée était bien trop avancée pour me lancer dans la confection d’une pâte à beignets. Après avoir cogité un moment, j’ai opté pour une version feignasse : les aubergines panées.
Franchement, c’est tellement simple que ça serait bête de s’en priver, et surtout, c’est délicieux. Gremlinette en a mangé trois, Gremlin aussi, puis il a tapé directement dans le plat. J’ai adoré quand, la bouche et les mains pleines de gras, il m’a demandé le plus sérieusement du monde « Maman, tu pourrais nous faire un repas équilibré demain steuplé ? ».
De mon côté, je me suis sentie obligée de goûter une des tranches qui restaient, histoire de m’assurer que je ne nourrissais pas mes gosses avec des trucs dégueu. C’était mortellement fondant dedans, légèrement croustillant dedans, et très gras, mais une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Si on veut se donner bonne conscience, on les sert avec une salade verte.
Je vous donne la recette pour trois personnes, pour un repas du soir (si on ajoute une salade)
Ingrédients
- 2 aubergines de taille moyenne
- 1 œuf
- De la chapelure
- Sel, poivre
Eplucher les aubergines et les couper en tranches épaisses (environ 1 cm). Déposer les tranches dans une passoire et parsemer de gros sel. Laisser reposer une demi heure environ.
Battre l’œuf dans une assiette creuse, saler, poivrer, mettre de la chapelure dans une autre assiette creuse.
Essuyer les aubergines et retirer un maximum de gros sel, puis tremper une tranche dans l’œuf battu et ensuite, dans la chapelure. Déposer sur une assiette et faire de même avec les autres tranches d’aubergine.
Dans une poêle, faire fondre un morceau de beurre avec de l’huile (il en faut pas mal, environ un demi centimètre).
Faire chauffer l’huile et déposer les tranches d’aubergine. Laisser dorer environ 4 minutes de chaque côté puis déposer sur un papier absorbant avant de servir.
Déguster bien chaud.



