Langue de veau au curry
Il y a quelques mois, j’avais préparé en loucedé de la langue de bœuf avec une sauce aux câpres et je l’avais faite avaler à l’Homme sans qu’il se doute de ce que c’était. Il en a mangé deux fois sans rien capter, je me suis donc dit que je pouvais renouveler l’opération, à condition que l’apparence de la viande soit tellement altérée qu’il devienne impossible de deviner ce que c’est.
Non parce que ça n’a l’air de rien comme ça, mais sincèrement, pour gérer cette petite famille au quotidien, parfois il faudrait un doctorat de psycho. J’ai donc appris à cacher, dissimuler et éluder les contenus de certains plats.
Le petit goût de topinambour ? Du panais !
L’ail un peu trop présent ? C’était sûrement un grain isolé et particulièrement agressif et ainsi de suite…
A Monop, en faisant mes courses, j’espérais trouver de la tête de veau, mais malheureusement, j’ai l’impression qu’ils n’en font plus, j’ai donc été contrainte de me rabattre sur de la langue de veau. Elle a un goût moins prononcé que celle de bœuf, est bien plus petite et surtout beaucoup plus chère.
Je suis donc rentrée, un peu déçue et ruinée, avec la langue de veau que j’ai planquée au fond du frigo et réfléchi à comment la faire. Rapidement, l’idée d’un curry s’est imposée. Je me suis dit qu’entre la sauce bien colorée et les saveurs bien relevées, j’allais une fois de plus être la Maîtresse de l’entourloupe et ça n’a pas manqué. Assiette engloutie sans le moindre commentaire.
Ingrédients pour 3 personnes
- Une langue de veau
- Un poireau
- 3 carottes
- 1 oignon rouge
- 2 cm de gingembre
- 4 grosses gousses d’ail
- 1 cuillère à café de coriandre moulue
- 1 cm de curcuma frais (ou une cuillère à café en poudre)
- 3 feuilles de kaffir
- 1 cuillère à soupe de sucre
- 1 petit bouquet de coriandre fraiche
- Sel poivre
- 20 cl de lait de coco
Déposer la langue de veau dans une grande casserole et recouvrir d’eau froide. Porter à ébullition, laisser bouillir deux minutes puis égoutter.
Remettre la langue dans une grande casserole, recouvrir d’eau froide, ajouter une cuillère à café de gros sel et porter à ébullition. Laisser cuire à gros bouillons en écumant pendant une dizaine de minutes. Lorsque plus aucune écume ne se forme, ajouter le poireau coupé en tronçons et les carottes épluchées et coupées également en gros morceaux. Baisser la chaleur et laisser cuire à feu moyen deux heures environ : la langue doit être très moelleuse lorsqu’on enfonce une lame de couteau.
Lorsque la langue est cuite, la laisser tiédir dans le bouillon, puis l’éplucher (il faut le faire quand elle est tiède sinon c’est impossible de décoller la peau). Garder le bouillon et les carottes.
Dans une cocotte, faire revenir l’oignon émincé dans un peu de beurre. Lorsqu’il est bien moelleux, ajouter le gingembre et le curcuma râpés. Ajouter l’ail écrasé, mélanger puis ajouter la coriandre moulue et mélanger à nouveau. Laisser chauffer à feu doux quelques minutes en remuant pour ne pas que ça attache.
Ajouter ensuite la viande. Si on a des nareux à la maison, le mieux est de couper la langue en émincé. Si personne n’a d’aversion pour ce morceau de choix, alors on la laisse en tranches entières, c’est nettement meilleur.
Verser une ou deux louches de bouillon, puis le lait de coco, le sucre et les feuilles de kaffir. Saler, poivrer et laisser cuire une quarantaine de minutes. Goûter, rectifier si besoin l’assaisonnement, ajouter le bouquet de coriandre ciselée et servir avec un riz basmati qu’on aura fait cuire dans le bouillon de cuisson de la langue.




