Les murs parlent
Petit intermède streetart du mois....
La toute première fois que j’ai vu une de ses œuvres, c’était complètement par coup de bol.
Je revenais d’une balade dans les pentes à la recherche de quelques pochoirs/grafittis/collages et j’étais positivement vanée et déçue car mon butin était assez maigre. J’avais à la base prévu de passer par la rue Diderot, puis par la place Colbert, mais la flemme l’a emporté et j’ai finalement coupé en passant par le petit jardin qui débouche sur l’esplanade.
Bien m’en a pris. Au détour d’une marche, je suis tombée nez à nez avec ça :
Bluffée, j’étais. J’ai de suite été conquise par le message et le graphisme. Je crois que tout le monde a compris que j’aime l’art engagé, et la liberté est un thème qui me tient particulièrement à cœur en ces temps où les libertés acquises si difficilement par nos ancêtres semblent se réduire parfois comme des peaux de chagrin.
Voir la liberté réduite à un rêve me paraissait finalement assez proche de la réalité. Et puis j’aimais bien le côté Manga de cette liberté.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai imaginé un très jeune graffeur fan de culture japonaise… Sur le moment, je n’ai pas identifié l’artiste car je ne voyais pas la signature. Ce n’est que plus tard et grâce à d’autres instagrameurs que j’ai enfin pour mettre un nom sur ces œuvres qui me plaisaient tant : Sonny Kilroy.
Quelques temps plus tard, j’ai découvert un nouveau trésor, puis encore un autre.
Alors il n’est pas facile d’écrire sur une personne que l’on ne connait que via ses œuvres, donc je vais me contenter de dresser un portrait de ce que j’ai pu croiser au détour de mes chasses au graf.
Qu’il pourfende l’utilisation du 49.3 ou la prolifération des conflits dans le monde, Kilroy a toujours un message à faire passer.
Plus récemment, c’est avec une truculente caricature de Trump qu’il m’a faite sourire.
Et, comme l’artiste n’est pas dénué d’humour, il nous a également gratifiés d’une fresque sur l’évolution, un peu semblable à celle que By Dav avait posée quelques semaines auparavant.
Mais avant tout, je crois que Kilroy est un artiste généreux. En effet, j’ai eu la merveilleuse surprise, un jour, de voir arriver ma copine chasseuse de graffiti Elise avec cette superbe Liberté, rien que pour moi. Elle connait l’artiste, et il lui avait demandé de me la faire passer. Comme ça. Sans me connaitre. Sans rien demander en échange.
Elle trône depuis dans mon bureau au boulot (oui je sais c'est le bordel sur l'étagère), comme ça dès que je lève les yeux de mon écran, je la vois.
C’était quelques jours avant mon anniversaire, et je crois bien que ça a été mon plus beau cadeau.











