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Je crois avoir déjà mentionné mon amour pour les plats de grand-mère qui mijotent pendant des heures (les plats, pas les grands-mères hein !).

Non seulement parce que j’adore ça mais également parce que ces plats sont super pratiques quand on a deux Gremlins qui passent leur temps à essayer de s’entretuer et qu’il faut souvent s’interrompre pour les séparer.

Je privilégie donc les morceaux de viande qui doivent cuire longtemps, et ça tombe bien car non seulement, ce sont souvent les moins chers, mais également les plus goûteux.

Mais comment est-ce possible ? Me direz-vous.

Hein, parce que tout le monde sait que si c’est cher, c’est forcément meilleur !

C’est en effet ce que certaines personnes semblent penser. Je serais tentée de dire que ces personnes n’y connaissent rien en bouffe et ne sont que d’affreux parvenus snobinards, mais ce serait porter un jugement de valeur, ce qui ne me ressemble pas du tout (n’est-ce pas !).

Du coup, pour nuancer ce que je serais tentée de dire (voire de penser), je me contenterai d’une petite explication toute simple. Ce qui est cher, c’est souvent ce qui est rare, ou difficile et long à récolter ou élever : les truffes, le caviar, l’huile d’argan, les ormeaux, le mérou, le bœuf de Kobé etc. (vous avez compris l’idée).

Alors toutes ces choses sont très bonnes (enfin pour le bœuf de Kobé je ne sais pas, je n’ai jamais eu la chance d’en manger), certes, mais je ne peux tout de même pas m’empêcher de penser que si on se pâme autant d’extase devant trois grains d’or noir, c’est aussi et surtout parce qu’on sait que ces trois grains coûtent aussi cher qu’une semaine de course pour une famille de smicards. Et ça, ça me gène vraiment. Je trouve que ça un côté un peu trop élitiste à mon goût.

En ce qui concerne les « bas morceaux » de viande, il s’agit souvent de ceux qui sont les moins tendres et les plus gras. Or, le gras, c’est ce qui donne du goût, donc ces morceaux se révèlent souvent vraiment savoureux, pour peu qu’on leur donne leur chance et qu’on sache les cuisiner.

Parmi ces morceaux star, la joue de bœuf fait partie de mes chouchous. Ce morceau, considéré comme un abat, est tout simplement parfait pour les cuissons lentes et en sauce. Je l’ai déjà cuisinée en pot au feu, en carbonade, en daube provençale, en bourguignon…. Il était temps de la cuisiner à la sauce asiatique, alors j’ai jeté mon dévolu sur un curry thai, légèrement revisité. En gros, j’ai diminué de moitié la dose de piment, sinon ça arracherait la gueule serait vraiment trop relevé.

 

J’ai obtenu une sauce très parfumée, légèrement relevée et une viande fondante à souhait, goûteuse et savoureuse. Un vrai bonheur sur les papilles.

Comme tous les plats en sauce, il est bien meilleur réchauffé, je conseille donc de le faire la veille. En prime, quand on a des invités, c’est parfait, ça laisse le jour J pour se consacrer à autre chose.

 

Pour 6 personnes

  • 2 grosses joues de bœuf
  • 2 petits piments rouges en saumure
  • 1 tige de citronnelle
  • 2.5 cm de gingembre
  • 4 gousses d’ail
  • 3 échalotes
  • 1 botte de coriandre (ou comme moi 4 grosses cuillères à soupe de coriandre ciselée surgelée)
  • 3 feuilles de citronnier kaffir (aka le combava)
  • 1 cuillère à café de pâte de crevettes
  • 1 cuillère à café de coriandre moulue
  • 500 ml de lait de coco
  • 2 cuillères à soupe de sucre

 

Comme je n’avais plus de bouillon de bœuf maison, j’ai profité de la réalisation de cette recette pour faire cuire les joues dans un bouillon légèrement parfumé avec des légumes, mais c’est tout à fait facultatif. On peut précuire la viande dans de l’eau toute simple.

 

viande

Dans une marmite à bords hauts, déposer les joues de bœuf et les recouvrir généreusement d’eau froide.

viande eau

Porter à ébullition et laisser bouillonner jusqu’à ce que de l’écume se forme. Retirer à l’aide d’une écumoire et continuer jusqu’à ce que plus aucune écume ne se forme. Baisser la chaleur, ajouter trois cuillères à café de gros sel, couvrir et laisser cuire deux heures ou plus (selon la taille des joues), jusqu’à ce que la viande soit tendre. C’est à ce moment-là que j’ai ajouté deux carottes et deux navets, pour avoir un bouillon parfumé à stocker au congel.

Lorsque la viande est cuite, préparer la pâte de curry.

épices

Alors en théorie, il faudrait écraser les ingrédients au mortier, avec un pilon, après avoir râpé le gingembre et l’ail, mais je ne suis pas équipée du bon matériel (mon mortier est en métal et franchement, disons-le, c’est super merdique et inefficace). Du coup, j’ai tout fait au mixeur électrique.

Dans un mixeur, déposer la citronnelle coupée en rondelles, le gingembre épluché et coupé, les échalotes coupées en 4, les gousses d’ail, les piments épépinés, la coriandre fraiche et en poudre, les feuilles de kaffir et la pâte de crevettes. J’ai ajouté deux cuillères à soupe d’eau pour ne pas que ça bloque le mixeur (je recycle le babycook et il est en fin de vie, donc j’essaie de le ménager).

Mixer jusqu’à obtention d’une pâte.

pâte de curry

Dans une cocotte à fond épais, faire chauffer deux cuillères à soupe d’huile neutre, puis faire revenir la pâte de curry quelques minutes. Verser le lait de coco et mélanger, porter à ébullition, puis baisser la chaleur.

A ce stade, j’ai voulu goûter la sauce et je l’ai trouvée très filandreuse, la faute au gingembre et à la citronnelle. J’ai donc décidé de la passer au chinois, car c’était très désagréable en bouche. Peut-être qu’avec un meilleur mixeur, cette étape n’aurait pas été nécessaire.

 Ajouter les joues de bœuf cuites. Ajouter le sucre et laisser cuire encore une vingtaine de minutes.

Sortir les joues de boeuf et les déposer sur une planche à découper. Laisser reposer la viande une dizaine de minutes, puis découper en tranches.

Servir avec un riz basmati et de la sauce.

fin post

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