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J’ai longuement hésité avant de faire un post sur Pec.

En effet, contrairement aux autres artistes dont j’ai parlé ici et qui sont assez « récents » sur nos murs, Pec, c’est une sorte de légende des murs à Lyon.

Je crois que la toute première fois que j’ai repéré un de ses bestiaux (un Knar), c’était il y a au moins 10 ans, probablement plus. J’étais dans le train (chose plus que rare) et je l’ai aperçu, en bordure de voie, cette espèce d’hybride entre le canard et le perroquet. Je lui ai trouvé une super bonne bouille et je m’étais mise à guetter pour voir si j’en voyais d’autres. Mais le train avait pris de la vitesse et plus rien.

Quelques temps après, j’en avais aperçu un autre en bordure du périf (le Knar aime nicher près des grands axes).

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C’est probablement à ce moment-là que dans ma tête s’est faite la scission entre artiste graffeur qui fait des choses belles et artistiques et le petit vandale pseudo rebelle qui va taguer son blase à coup de marqueur sur une porte en bois du XVIIè.

Alors vous allez me dire : si tu le kiffes depuis si longtemps, pourquoi avoir attendu avant de lui dédier un post ?

Tout simplement parce que Pec, c’est un grand artiste. Il est connu à Lyon, et plein de vrais médias lui ont déjà dédié des articles. De vrais journaux avec plein de lecteurs. Alors déjà, je me disais que c’était vachement présomptueux de ma part, avec mes 10 lecteurs par jour (et encore) d’aller « présenter » Pec.

Mais également, parce que j’ai lu tellement d’articles sur lui que mon jugement n’est plus aussi neutre qu’avec d’autres artistes. Je sais des choses sur son parcours professionnel qui font que mon regard sur son œuvre n’est plus du tout vierge.

Et puis il y a eu le festival Trublyon. Et je me suis dit que ce blog, je le fais avant tout pour me faire plaisir, et qu’après avoir vu Pec à l’oeuvre en chair et en os, ben ça me faisait vachement plaisir de parler de lui. Enfin de ses oeuvres surtout, parce que lui je ne le connais pas, malheureusement.

Si je devais donner un adjectif pour les œuvres de Pec, ce serait : joyeuses.

En effet, toutes les bestioles qu’il dessine ont la banane. Je ne sais pas comment il se démerde, parce que donner l’impression qu’un piaf (qui a un bec, donc) sourit, c’est pas évident, et pourtant il y arrive très bien.

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Si je devais faire un reproche à Pec, ce serait les spots qu’il choisit : en effet, il pose souvent ses oeuvres en bordure d’autoroute, de périf, de voie ferrée, du coup pour les chasseurs occasionnels comme moi, c’est super difficile de les prendre en photo et c’est plutôt frustrant.

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Je ne vais donc pas pouvoir vous montrer beaucoup de ses créations, mais ça donnera une idée.

L’année dernière il a collaboré avec l’association Mur 69 à la déco du grand mur place des Tapis. J’étais ravie : un grand Pec, immense, tout chouette et coloré, et tout le loisir de le prendre en photo sous tous les angles. Le vrai pied quoi.

 

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Cet été en rentrant de vacances, pour une fois je n’étais pas au volant, alors j’ai également pu profiter d’un bouchon à l’entrée du tunnel pour immortaliser deux bestioles à l’allure fort engageante. Je crois que c’est la première fois de ma vie que j’étais contente d’être coincée dans un bouchon.

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C’est surtout lors du festival Trublyon que j’en ai pris plein les mirettes. Un collège désaffecté dédié au Streetart pour trois jours, en tout légalité. Je n’avais pas regardé la guest list, alors inutile de dire ma surprise, puis mon incrédulité et enfin mon bonheur lorsque j’ai reconnu la longue silhouette de Pec (il est grand au sens propre et figuré).

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Je me suis posée un bon moment à l’observer travailler, c’était du bonheur. Le premier jour, il n’y avait pas un chat, c’était fantastique de le voir faire. Incroyable d’arriver à faire des choses aussi belles à main levée, avec juste une bombe.

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Je ne vous parle même pas des couleurs éclatantes, voyez par vous-mêmes.

 

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Donc la prochaine fois que vous prendrez le périf, ouvrez l’œil, il y a plein de bestioles qui nichent sur ses bordures.

 

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Et puis Pec, il donne l’impression de rester fidèle à ses idéaux. Je pense qu’il vit désormais de son art, mais je l’ai vu échanger avec des jeunes débutants au festival, et il m’a semblé rempli de bienveillance à leur égard. Et ça, c’est chouette je trouve, de s’occuper d’aider la relève et de l’encourager tout en restant fidèle à l’esprit Streetart.

J’espère qu’il ne basculera pas du côté obscur et que ses œuvres ne finiront jamais sur les murs d’un café branché. Et surtout j’espère qu’il va continuer encore longtemps à nous régaler les rétines.

 

 

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