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J’ai des origines alsaciennes (mais pas que), auxquelles je suis très attachée car, tout comme mes origines catalanes, elles viennent de ma grand-mère, et je crois pouvoir dire que j’ai eu deux grand-mères exceptionnelles, qui m’ont transmis leur goût pour les tables ouvertes à tous et bien garnies. Chez nous, on n’avait pas des moyens de roi du pétrole, mais on a toujours su accueillir les amis dans la joie et la bonne humeur.

Comme ma grand-mère catalane, j’ouvre facilement ma porte et ma table est toujours ravie d’accueillir des convives, à la bonne franquette.

Comme ma grand-mère alsacienne, j’aime cuisiner pendant des heures, élaborer des recettes, travailler les produits, faire plaisir aux miens avec de la bouffe.

En ce moment, c’est la période de Noël et quand tu as de la famille alsacienne, qui dit Noël dit Bredele.

OK.

Euh..

Je crois que le moment est venu de faire mon coming-out, parce que ça fait un moment que je vis dans le mensonge, et là ça devient dur de cacher ça à tous.

Alors je l’écris (et le crie) une fois pour toutes :

JE SUIS NULLE EN BREDELE !!!

Mais vraiment. Et c’est la honte, grave.

Ma mère, qui n’a pas une goutte de sang alsacien, en fait de délicieux, chaque année elle déniche une nouvelle recette dans son bouquin allemand et fait des essais qui disparaissent trop vite au dessert.

Ma grand-mère en faisait des kilos et des kilos qu’elle nous envoyait par la poste, qu’on dégustait avec le café ou juste comme ça en passant à côté de la boîte.

Mes cousines en font tellement de sortes différentes qu’il est impossible de choisir au moment de goûter donc tu finis au bord de l’indigestion parce que tu as voulu tout essayer, et comme c’était trop bon tu as voulu goûter une seconde fois…

Et moi…. Ben… en plus de rater les mannele (enfin cette année j’ai arrêté les frais), ça fait deux ans d’affilée que je rate mes étoiles à la cannelle, et l’an passé, j’ai également foiré les spirales mais j’avais eu tellement honte que j’avais utilisé la pâte pour faire un fond de tarte et je n’avais rien dit à personne.

Bon, voilà, c’est dit, un énorme poids vient de se lever.

 

Mais du coup cette année, je me suis quand même obligée à essayer au moins une recette, alors j’ai jeté mon dévolu sur des sablés au caramel beurre salé. Lors de ma dernière virée en ville avec Cécile, j’avais trouvé un charmant emporte-pièce que je n’avais pas encore eu l’occasion de tester, alors ça me paraissait pas mal.

J’ai utilisé la recette de caramel du blog La cuisine de Bernard, car il est inratable et délicieux. En revanche, la quantité est énorme par rapport à la quantité de pâte à biscuits, donc il y a énormément de rab de caramel. Je l’ai congelé pour un usage ultérieur, qui reste à déterminer.

Les biscuits étaient délicieux, relativement présentables (même s’ils n’arrivent pas à la hauteur de ceux de mes cousines alsaciennes) et le comité des goûteurs a validé. Mais bon : c’est un boulot de fou, il faut vraiment pouvoir se concentrer. Moi en plus je n’ai pas eu de chance, car les Gremlins étaient déchainés ce jour-là, et l’Homme a scotché son ordi toute la journée, au milieu du salon, ce qui n’a pas arrangé leur état car ils auraient préféré qu’il s’occupe d’eux. J’ai donc fait ma fournée de bredele dans les cris et les engueulades, alors que ces petites choses demandent patience et délicatesse.

Enfin au moins, j’ai eu la sensation que je ne faisais pas totalement honte à mes origines alsaciennes et que j’étais capable de faire au moins une fournée de bredele tout à fait acceptables.

Et franchement, dans le café le matin, c’était bien bon, alors voilà la recette, pour les courageux.

 

Pour une vingtaine de sablés

Pour les sablés

  • 250 g de farine
  • 1 cuillère à café de levure
  • 1 œuf
  • 150 g de beurre doux MOU
  • 120 g de sucre glace

Pour le caramel

  • 150 g de vergeoise blonde
  • 25 g de miel
  • 175 g de beurre demi sel (je prends celui aux cristaux de sel, c’est encore meilleur)
  • 1 boîte de lait concentré sucré (397 g)

Commencer par préparer le caramel.

Dans une casserole, faire fondre le miel, la vergeoise et le beurre, porter doucement à ébullition et laisser cuire doucement une dizaine de minutes.

caramel in progress

Ajouter le lait concentré et laisser cuire encore une dizaine de minutes en mélangeant constamment.

Verser dans un bol et laisser refroidir.

 

Dans un saladier, casser l’œuf et ajouter le sucre. Mélanger au fouet jusqu’à ce que le sucre soit complètement dilué.

Ajouter le beurre mou (j’insiste, il faut vraiment que le beurre soit bien mou) et mélanger. Terminer avec la farine et la levure, et former une boule de pâte. Elle est très collante, c’est normal. Filmer et laisser au moins deux heures au frais. Moi j’ai fait la veille, c’est encore mieux.

Préchauffer le four à 180°C.

Etaler la pâte sur un plan de travail légèrement fariné, avec une épaisseur d’environ 3 mm.

Découper les formes à l’aide d’un emporte-pièce : même nombre de formes pleines que de formes avec le motif au milieu.

Déposer les formes sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Il est nécessaire de le faire en deux fournées.

Enfourner pour 10 à 12 minutes, les sablés doivent être légèrement dorés.

Déposer délicatement sur une grille à la sortie du four et laisser refroidir.

sortie four

Lorsque les sablés ont refroidi, déposer sur la face pleine une petite noix de caramel au beurre salé. Faire ça sur la face qui était déposée sur la plaque de cuisson. Déposer dessus un biscuit avec une forme et appuyer. Il faut en faire un ou deux avant de trouver la bonne quantité de caramel : il ne faut pas que ça déborde, mais il ne faut pas non plus qu’il y en ait trop peu.

 

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Déguster et savourer parce qu’on n’en ferait pas tous les jours !

redimensionnée

Sablé au caramel featuring cookie du Ghostsurfer et coeur à la cannelle raté.

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