20171220_201547

La première fois que j’ai entendu parler de l’Etage, c’était avec L., mon ex d’il y a super longtemps et qui a tant compté.

Malgré son jeune âge, il adorait la bonne bouffe et on allait assez souvent au resto, car j’avais à l’époque des tickets restaurant dans la boite dans laquelle je bossais.

Il m’avait parlé de l’Etage car ses parents y étaient allés, et on s’était dit que ce serait une belle découverte. On n'en n’a jamais eu l’occasion, et par la suite, à chaque fois que j’avais eu l’intention d’y aller, soit c’était complet, soit les potes ne voulaientmanger ailleurs, bref, j’avais un peu oublié le lieu.

Et puis j’ai commencé à les suivre sur Instagram et je me suis dit qu’il fallait vraiment que je trouve le moyen de tester ce lieu prometteur et atypique.

J’ai donc demandé à l’Homme de m’offrir ce dîner comme cadeau d’anniversaire, et il m’a invitée là-bas hier soir.

Alors l’Etage, c’est un restaurant qui n’a pas pignon sur rue, comme son nom l’indique. Il est situé dans un vieil immeuble place des Terreaux, juste au-dessus de la fontaine Bartholdi, face au Musée des Beaux Arts. Autant dire que le cadre est purement magnifique.

 

20171220_201753

Le restaurant est tout petit : 6 tables, surtout pour des couples. La déco est feutrée, la lumière tamisée, on mange dans le calme avec une vue de dingue. Chaque table compte des chaises vides, qui permettent de déposer sacs et manteaux. C’est très bête, mais peu d’établissements y pensent, et c’est un vrai confort.

Le service est quant à lui tout comme j’aime : professionnel, bienveillant et discret sans obséquiosité, et surtout, un conseil avisé. Petit détail qui a toute son importance : le vin que j’avais choisi n’était pas idéal avec le menu, on m’en a donc conseillé un autre, dans la même gamme de prix. Et ça, ça n’a l’air de rien, mais j’ai trouvé ça vraiment ultra délicat, attentionné et professionnel. Tactful comme diraient les Anglais.

La carte est très sobre, signe de cuisine du marché, et propose des mets de choix, des produits hauts de gamme.

Un menu à 47 euros, sans choix possible des plats, un menu autour du homard, un menu autour du caviar et un menu Tasting avec 6 plats, à 52 euros. Nous avons choisi celui-ci.

 

menu

Mais avant de manger, apéro maison : Champagne, liqueur de mandarine et jus d’orange. C’est frais, c’est parfumé, ça passe très bien après une journée chargée.

 

apéro

Les entrées arrivent assez rapidement. C’est très joli, ça sent bon.

saint jacques

Les Saint Jacques sont cuites juste comme il faut : dorées à l’extérieur, nacrées dedans et elles reposent gentiment sur un lit de fregola cuite un peu comme un risotto. Quelques pluches de jeune cresson donnent un petit parfum poivré, et en fin de bouche, on sent une pointe de fleur de sel qui relève le tout (comme un poisson rouge que je suis, j’ai oublié le nom de cette fleur de sel si raffinée), c’est absolument délicieux, tout en simplicité. Je me régale, je souris, c’est délicieux. Avec les Saint Jacques sont servies deux petites cuillères de caviar de la maison Kaviari.

caviar

Alors je n’ai pas mangé souvent du caviar dans ma vie, je peux les compter sur les doigts d’une main. Je ne suis donc pas du tout spécialiste, je n’y connais rien, je trouve juste que c’est très bon, très fin, très chic servi dans ces cuillères en nacre et c’était une bonne manière de conclure ce premier plat.

Arrive ensuite le foie gras.

foie gras

Alors le foie gras, j’ai assez souvent l’occasion d’en manger en bocal, en revanche, du mi-cuit comme ça, je n’en mange que très rarement et en l’occurrence, il y avait au moins deux ans que je n’en n’avais pas dégusté. Je suis par contre désolée, la phote est toute floue. J'étais tellement émue et impatiente de goûter que j'ai tremblé et pas une photo n'est nette (non, je n'avais pas encore picolé).

Il est servi en tranche épaisse, parsemé de quelques flocons de ce sel absolument  bluffant et accompagné d’un chutney façon mendiant. C’est la figue qui domine dans le chutney, ainsi que la cannelle et le clou de girofle. Quelques feuilles de pousses de betterave apportent de la fraicheur et ce petit parfum un peu terreux qui contrebalance le sucre.

Le pain est fait sur place et encore chaud lorsqu’il arrive sur la table.

pain

Je me brûle délicieusement les doigts, je croque dans la première bouchée pain chaud-foie gras-chutney et j’atteins le Nirvana.

La douceur du foie gras, le petit côté relevé du sel et le velours du chutney, tout ça fonctionne parfaitement. La tranche a juste la bonne taille pour être généreuse sans être écoeurante, bref, le kiff total. Et une gorgée de ce délicieux Monthelie ne fait qu’augmenter la sensation de plénitude.

vin

Les assiettes repartent vide, presque léchées.

Ensuite, le Saint Pierre fait son apparition.

saint pierre

Sans mauvais jeu de mot (mais si quand même parce que c’est trop facile et tentant), après la première bouchée, je suis au paradis.

Il est servi poêlé, avec un petit parfum de beurre très discret mais tellement fin qui s’accorde pleinement avec le risotto à l’encre de seiche. Les feuilles de roquette citronnée apportent un soupçon de fraicheur, je crois déceler un léger parfum d’agrumes, très subtil, bref, je me régale.

Je suis très difficile en poissons, par exemple, je n’aime pas les poissons d’eau douce, et je n’aime pas les poissons au goût trop fort. Du coup, je n’en prends jamais à la carte de peur de ne pas aimer. Il y a donc plein de poissons que je n’ai jamais goûtés. Je sais maintenant que j’aime le Saint Pierre (pour une anticléricale notoire, c’est assez ironique non ?).

A ce stade du repas, je suis déjà bien rassasiée, mais il reste encore plein de bonnes choses à déguster.

Le chapon arrive sur la table, fondant, juteux, il repose sur un coussinet de purée de marron et quelques crosnes lui tiennent compagnie.

chapon

La viande est tendre, parfumée, le jus corsé à souhait et les crosnes sont croquants juste comme il faut. Et bien sûr, l’accord est parfait avec le vin.

Là, je suis proche de l’état de béatitude, mais les festivités sont loin d’être finies.

Le dessert arrive rapidement, je suis aux anges (tiens, encore une référence au Paradis, comme par hasard).

chocolat

Une ganache de chocolat mexicain corsé (70%) sur une très fine génoise, gentiment allongée sur un lit de compote de pomme-coing. Le coing et le chocolat, ça fonctionne super bien, c’était une découverte pour moi et je n’ai pas été déçue Et puis ce cacao corsé, c’était incroyablement puissant, parfait pour une chocoladdict comme moi. Et cerise sur le gâteau (OK, j’arrête les analogies foireuses), ce dessert est très peu sucré, donc pas écoeurant. A côté, une verrine fraicheur.

mangue

Un sorbet surmonté d’un coulis de mangue. Alors j’avoue, c’était délicieux, mais j’avais les dents du fond qui baignaient j’étais pleinement rassasiée et je n’ai pas pu finir la verrine.

 

On est repartis heureux et repus. Moi j’avais les papilles toutes réjouies qui dansaient la samba tellement elles étaient contentes.

Le repas était vraiment parfait, et je trouve le tarif tout à fait correct. Pour 52 euros, on a 6 plats, et des produits de luxe (Saint Jacques, caviar, foie gras, chapon, Saint Pierre). Si on ajoute le savoir-faire du chef, je trouve que c’est plus qu’honnête par rapport aux tarifs que l’on peut trouver dans d’autres établissements dont la qualité des plats est loin d’être aussi irréprochable.

Donc si vous voulez manger divinement bien, dans une ambiance chaleureuse et feutrée, vous savez où aller.

 

L’Etage

4 place des Terreaux

69001 LYON

04 78 28 19 59 

Inutile de le préciser, mais ce billet n'est PAS sponsorisé.