couverture

Ma famille n’est pas lyonnaise de souche, loin de là (je vous bassine assez souvent avec les origines catalanes, alsaciennes, ch’ti et tourangelles) mais je dois avouer qu’on a tout fait pour s’intégrer.

Enfin moi surtout. J’ai un attachement viscéral pour ma ville. Elle a beau être polluée et hors de prix, je l’aime d’amour. Quand j’ai la possibilité de sortir de bon matin pour me faire une chasse au streetart, rien ne me remplit plus de joie citadine que de voir ma ville se réveiller. Je l’admire, je m’en imprègne, je vibre de joie d’avoir la chance d’habiter une cité aussi belle.

Une autre raison pour moi de me réjouir d’habiter Lyon, c’est qu’elle est souvent qualifiée de capitale gastronomique : c’est un terme bien pompeux pour dire que le lyonnais aime manger. Voire bâfrer.

Et où bâfre-t-on à Lyon, me direz-vous ?

Dans des Bouchons, c’est-à-dire ces petits restaurants typiques qui servent de la nourriture lyonnaise typique : quenelles, tablier de sapeur, andouillette, gâteau de foies de volaille, saucisson pistaché… vous l’aurez compris, le lyonnais n’est pas vegan ni végétarien et encore moins nareux.

Le seul souci des bouchons à Lyon, c’est que la plupart de ceux qui restent sont soit des attrape touristes, soit ont totalement perdu leur âme de bouchon.

Hier soir, Piment Oiseau était à Lyon et j'ai eu la chance de la rencontrer en prequel au repas table d'hôte alors je me suis dit qu’il fallait absolument lui faire tester un bouchon, vu qu’elle aime beaucoup les abats. J’ai donc demandé conseil auprès d’un influenceur que je suis sur Insta : @cyril_mntg.

En général, je fuis les influenceurs comme la peste car leur avis n’est JAMAIS objectif et en prime, ils vendent souvent leur âme à n’importe quelle enseigne, pourvu qu’ils soient vus à LA soirée branchouille où il faut être vu. Mais lui, j’avoue que je bave systématiquement devant chacun de ses posts qui sentent bon l'amour de la bonne buffe, et les restos, bars et autres lieux de débauche gastronomique régalade qu’il fréquente sont bien en phase avec mes goûts.

Il m’a conseillé le Petit Bouchon Chez Georges , dans le 1er.

Un regard à la carte sur leur site internet et j’étais sous le charme : une carte qui propose des plats vraiment traditionnels et typiques de bouchons et une proposition « des envies » : des plats un peu moins courants, qu’il faut commander 48h à l’avance lors de la réservation : tête et langue de veau, tétines de vache, cervelle, ragoût de béatilles et plein d’autres…

Létitia a choisi le ragoût de béatilles et moi la tête de veau.

Alors première impression en arrivant devant le resto : pas de doute, nous sommes bien devant un vrai bouchon : j’aurais pu passer devant des centaines de fois (je suis d’ailleurs déjà passée devant des centaines de fois) sans jamais remarquer qu’il y avait un resto. Une devanture minuscule, boisée, dans la plus pure tradition des bouchons lyonnais (la photo n’est pas de moi, je n’ai pas pensé à en prendre une).

devanture

Une toute petite micro déception en rentrant : les nappes ne sont pas à carreaux rouges et blancs (elles sont toutefois en tissu, tout comme les serviettes, et ça c’est top), mais c’est vraiment histoire de trouver quelque chose à dire parce que le reste sinon, c’est nickel : menu affiché sur des grandes ardoises aux murs, carrelage d’origine vintage à souhait et grandes tablées : on se retrouve assises à côté d’une famille nombreuse bien sympathique. Certains « craignent » (expression totalement lyonnaise : en français ça veut dire « n’aiment pas ») ce concept, moi j’adore.

 

serviette

On a décidé de ne pas prendre d’entrée car les plats semblaient assez copieux mais j’avoue que l’œuf cocotte au Saint Marcellin me faisait de l’œil : il va falloir que j’y retourne pour goûter…

Nos plats arrivent : ils ne sont pas servis à l’assiette, mais dans un plat creux en fonte type Le Creuset : j’adore. La tête et langue de veau ne sont pas servies roulées, comme c’est souvent le cas, mais en gros morceaux. C’est fondant, moelleux, et la sauce gribiche est parfaite. Je me régale vraiment, surtout que ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de manger ce type de plat.

gros plan tête de veau

Le ragoût de béatilles est également servi dans une petite cassolette et il sent tellement bon que je me suprends à regretter de ne pas avoir été plus téméraire dans mon choix. Et là, vous vous demandez tou.te.s ce qu’est le ragoût de béatilles.

Alors je ne vais pas me la raconter en mode « Hein ? Mais comment ! Tu connais pas le ragoût de béatilles ? Nan mais allo quoi ! ».

Moi non plus, je ne savais pas ce que c’était alors je suis allée demander à mon pote Google qui sait toujours tout. D’après le dictionnaire, les béatilles sont de Menues viandes ou mets délicats (crêtes de coq, ris de veau, champignons, etc.) dont on garnit les pâtés ou que l'on sert à part.

Là, il y avait des rognons blancs (aka les coucougnettes du coq), des gésiers et des crêtes de coq et plein d’autres bonnes choses que je n’ai pas forcément identifiées en un regard. J’avoue que j’étais super intriguée par les crêtes de coq. Bizarrement, je n’ai pas eu d’appréhension à goûter : c’est assez neutre en goût et la texture est assez proche de celle du pied de cochon. Et surtout, la sauce était divinement parfumée : elle me faisait penser à la sauce du veau à la catalane de Maman.

crête de coq

J’ai aussi goûté un rognon blanc : c’est très doux, rien à voir avec le rognon classique (que je déteste).

On n’avait plus faim après avoir fini nos plats mais on a tout de même craqué pour un Saint Marcellin de Beillevaire. Parce qu’un repas dans un bouchon ne peut pas finir sans cervelle de canut ou Saint Marcellin.

fromage

Celui-ci était parfait : coulant mais pas liquide, bien fait mais pas piquant, ça se mangeait tout seul.

Il n’y avait plus du tout de place pour le dessert, mais les propositions étaient alléchantes. Et au moment de payer, il y avait cet énorme plat en fonte posé sur le comptoir, qui contenait des pommes au four : autant je déteste les pommes au four, autant ce type de dessert se fondait parfaitement dans le décor et je dois dire qu’elles m’ont presque fait envie.

Ce petit festin ne nous a coûté que 23 euros chacune (pot de Côtes inclus) et je n’ai qu’un regret : ne pas avoir eu plus d’appétit pour goûter plus de choses.

Autant dire que je vais y retourner dès que possible, je tenterais bien les tétines de vache.

Un dernier mot sur l’équipe et le service : gentillesse, bonne humeur et courtoisie : encore une raison supplémentaire de revenir.

 

Au petit Bouchon « Chez Georges »

8 rue du Garet

69001 LYON

04 78 28 30 46