20181209_131533

J’ai toujours aimé les cours d’histoire, et j’ai eu la chance d’avoir quelques très bons profs au cours de ma scolarité. Si j’ai retenu les grandes lignes de 1914 à nos jours, j’avoue cependant que ma vision de l’Histoire avant est plutôt floue et surtout jalonnée de clichés.

Je me souviens notamment de livres d’histoire au primaire, avec une illustration du « Bon » roi Saint Louis rendant justice sous son chêne, du « juste » Clovis brisant le fameux vase de Soissons d’un coup d’épée, du « méchant » Louis XI enfermant ses mauvais sujets dans des cages nommées fillettes dans lesquelles on ne tenait ni debout ni assis (elles m’ont marquées celles-là) et du « brave » roi Henry IV qui voulait absolument que chaque paysan de son Royaume puisse manger de la poule au pot le dimanche.

Tout ceci n’est qu’un tissu de clichés, Saint Louis ne rendait pas « justice » lui-même (et la justice des rois, en plus, on sait ce qu’elle vaut), je ne crois pas que Clovis ait jamais cassé de vase pour acheter la paix sociale entre deux de ses combattants syndiqués, Louis XI n’était probablement ni pire ni plus cruel que n’importe quel autre roi de son époque (des mecs qui se revendiquent « de droit divin », tu ne peux pas t’attendre à ce qu’ils fassent preuve de beaucoup d’humanité). Quant à Henry IV, il avait peut être réalisé que ce serait une bonne chose pour lui que ses sujets ne crèvent pas trop de faim, mais ça ne lui a finalement pas porté chance. Mais cela dit, cette histoire de poule au pot m’a toujours intriguée : pourquoi la poule au pot et pas le gigot d’agneau, un poulet rôti ou un filet de bœuf ?

Il fallait absolument que je comprenne, alors je me suis lancée un jour dans la confection d’une poule au pot, aka poule au riz.

C’est super facile à faire et c’est vraiment très bon, et je comprends mieux pourquoi cet exemple est resté. Alors je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas remporté tous les suffrages. Gremlinette a catégoriquement refusé de goûter la viande, Gremlin a commencé par bougonner un groumf maussade mais a fini par se resservir (et avec de la sauce sur le riz, hein Maman) et l’Homme, toujours plein de tact, a demandé à Gremlinette de finir sa viande comme lui car « tu vois, moi non plus je n’aime pas trop mais je mange quand même ». Alors que la dernière fois que j’en avais fait, il s’était resservi. Enfin bref, c’est un plat que j’ai fait souvent et qui a toujours eu du succès, même si c’est de la cuisine très traditionnelle et un peu passée de mode.

Du coup, voici ma recette. Elle vient d’un de ces vieux livres délicieusement old school, je l’ai légèrement customisée.

 

Pour 3-4 personnes

  • 1 petite poule
  • 2 poireaux
  • 2 carottes
  • 1 oignon
  • 20 cl de crème fraiche épaisse
  • 1 citron
  • 50 g de beurre
  • 3 cuillères à soupe bombées de farine
  • 1 pincée de muscade
  • 2 clous de girofle
  • Sel, poivre

 

 

Mettre la poule vidée dans une grande marmite et ajouter les poireaux coupées en 4 ainsi que les carottes épluchées et coupées et l’oignon piqué des clous de girofle.

 

20181111_170117

Recouvrir d’eau froide, saler (au moins deux cuillères à café de gros sel), poivrer (une demi cuillère à café de mignonette). Porter à ébullition, puis baisser la chaleur et laisser cuire entre une heure et demie et deux heures. La chair doit être très moelleuse.

Sortir la poule du bouillon et laisser reposer quelques minutes, puis la découper et réserver les morceaux au chaud.

On peut tout à fait réaliser cette étape la veille, ça permet de dégraisser le bouillon.

 

A l’aide d’une écumoire, retirer les légumes et les mettre de côté avec la viande.

Prélever environ un litre de bouillon, conserver le reste précieusement pour un risotto, par exemple.

Dans une cocotte, faire fondre le beurre et ajouter la farine. Poivrer. Ajouter une louche de bouillon, mélanger, puis ajouter le reste du bouillon jusqu’à obtention d’une sauce onctueuse. Ajouter la crème, mélanger, remettre la viande dans la sauce et laisser chauffer une dizaine de minutes. Ajouter le jus du citron, mélanger et laisser chauffer encore quelques minutes.

 

20181209_131515

Servir avec un riz pilaf. Normalement, il aurait fallu faire un riz pilaf avec le bouillon, mais je n’ai clairement pas eu le temps alors on a juste eu un riz blanc. C’est moins gourmand mais ça passe aussi très bien.