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Dans ma famille, on aime le cochon, et sous toutes ses formes. Jambon, rôti, porc effiloché, pâté de campagne,  palette à la diable, petit salé, poitrine rôtie, travers grillés, oreilles en salade, pieds panés, langue en gelée…. Pas un seul morceau qui ne trouve d’amateurs dans la famille.

Mais si je veux vraiment faire le jackpot avec les Gremlins, je leur fais des saucisses.

Gremlin, c’est un petit gourmand gourmet bon vivant. Comme tous les gosses, il aime la junk food, mais il aime aussi et surtout les bonnes choses, plus encore que les pizzas ou les burgers (et non, nous n’allons pas dans les enseignes connues avec un grand clown qui fait peur). Quand je cuisine, j’adore lui faire goûter des petits bouts de ci ou de ça pour lui faire découvrir des saveurs et partager cet amour des bons produits.

Gremlinette, elle est surtout branchée sucre et junk food, et vu tous les problèmes qu’elle a eus au début pour s’alimenter avec du solide, j’avoue qu’on a un peu laissé faire. C’était tellement rassurant de la voir manger normalement. Mais pour les repas, elle a encore besoin de rituels, encore plus que les autres enfants.

Empêtrée dans toutes ses différences, elle se réfugie dans les habitudes et les gestes répétitifs. Ainsi, chaque matin, elle me demande invariablement : « on mange quoi aujourd’hui ? ».  Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’attriste toujours terriblement, ça me fait penser à ces personnes âgées que leurs proches ont relégués en maison de retraite et dont les journées ne sont rythmées que par les repas. La plupart du temps, je lui réponds que je ne sais pas encore, parce que franchement, à 7h du matin devant mon bol de café au lait, je ne me suis généralement pas penchée sur le menu de midi.

Mais si je veux la faire trépigner de joie et pousser des hurlements stridents d’ado hystérique à un concert d’Ed Sheeran, il me suffit d’un seul mot : saucisses.

Alors là, c’est le déferlement de liesse débridée. Et comme en ce moment, elle est tout le temps triste et malheureuse et que je suis complètement impuissante face à cette souffrance, j’avoue que si je peux la faire planer quelques minutes juste en lui cuisinant un truc qu’elle aime, ben je fonce.

Ce week-end, j’ai fait un double : knacks-purée (knacks, des vraies, pas le truc qui finit par i) samedi et Diots de Savoie dimanche.

Les Diots de Savoie, j’en cuisine de temps en temps et j’adore ça, alors quand Picthose m’a fait l’honneur de me filer la VRAIE recette, celle que les vrais Savoyards utilisent, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer une occasion de la tester. A la lecture de la recette et des ingrédients, j’ai pensé que c’était du grand classique mais j’avoue avoir été super bluffée. Oignons et vin blanc, c’est une valeur sûre, mais la liaison à la farine en fin de cuisson change tout et apporte un moelleux inattendu.

J’espère qu’il ne m’en voudra pas, mais j’ai pris quelques libertés : pas de bouquet garni (suis pas fan, bizarrement et de toute façon je n’avais pas ce qu’il fallait sous la main) et une toute petite liaison au beurre (il fallait en mettre beaucoup plus normalement), parce que la sauce est déjà assez riche.

On s’est régalés, Gremlinette a dévoré ses morceaux de diots et en aurait bien mangé un second, l’Homme en a repris, bref. Carton plein. Merci pour la recette, encore une belle collab’ artiste/gourmande.

Au passage, on va faire un petit tour ici pour regarder ce qu'il fait avec son collectif, c'est top.

Idéalement, on peut préparer la veille et lier la sauce au dernier moment, ça permet de la dégraisser.

 

Pour 4-5 personnes

  • 8 diots nature
  • 1 litre de vin blanc de Savoie (de bonne qualité de préférence)
  • 4 gros oignons ou 5 moyens
  • 2 cuillères à soupe de sucre
  • 50 g de beurre + 30 grammes
  • 50 g de farine
  • Poivre du moulin

 

Eplucher et émincer les oignons et les faire revenir dans 3 grammes de beurre à feu vif dans une marmite à bords hauts. Ajouter le sucre et mélanger pour ne pas que le soignons brûlent. Ils doivent prendre une belle couleur dorée. Si le feu est trop vif, on baisse la chaleur, mais il faut rester à côté.

 

vin

 

Piquer les diots. Verser le contenu de la bouteille de vin dans la marmite, ajouter les diots, baisser la chaleur et laisser mijoter à feu doux pendant une bonne heure après avoir ajouté quelques bons tours de moulin à poivre.

saucisses et vin

Là deux options : soit on coupe tout et on continue le lendemain, comme moi. Dans ce cas, je conseille de filtrer le jus et de faire refroidir séparément le jus et les oignons et les diots : ça permet de dégraisser plus facilement le jus le lendemain.

Une fois dégraissé, remettre le jus dans la marmite, ajouter les diots et les oignons et faire chauffer.

Faire fondre le beurre, ajouter la farine et mélanger, puis verser dans la sauce. Mélanger, et là c’est magique : la sauce devient instantanément onctueuse, un vrai bonheur.

 

sauce inctueuse

Servir avec une purée, des patates vapeur, des crozets…. Moi j’ai choisi du riz, c’était nickel !

fin post

Et vive la gastronomie savoyarde !

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