Couverture

Alors avant tout, je vais dire une chose ultra importante : cette recette n’est pas LA recette de la langue de veau sauce au Madère mais MA recette.

Non, je tiens à le préciser, parce que je n’ai pas du tout envie d’avoir sur le dos toutes les associations de défense des recettes terroir qui vont commencer à dire que la sauce au Madère c’est comme ci et pas comme ça, qu’il faut plus de chose et moins de machin mais un soupçon de truc et un nuage de bidule.

La langue, c’est un plat que j’aimerais cuisiner plus souvent dans l’absolu, sauf que voilà : l’Homme est vachement nareux. Il n’est pas du tout chiant pour la bouffe, il mange plus de choses que moi, seulement, il est nareux : il trie le gras, les tâches minuscules sur les légumes, il est capable de benner un morceau de fromage dont la date est passée depuis une journée et si le plat a une tronche un peu chelou, ben il n’en mange pas.

Je lui avais déjà fait manger de la langue, mais j’avais découpé à chaque fois la bestiole en émincé. Les deux fois, ça m’avait collé un boulot de ouf, mais il avait mangé sans moufter, sans poser de questions. Et quand, après coup, je lui avais avoué qu’il venait de bouffer de la langue, il m’avait dit que ça ne lui avait pas posé problème.

Du coup, cette fois, j’avais naïvement pensé que c’était OK : vu qu’il en avait déjà mangé, je n’avais plus à me faciliter le transit à tout découper en émincé (parce que c’est déjà assez long à préparer) et franchement, le soir je me mets rarement aux fourneaux avant 20h donc j’avoue, j’ai joué la carte flemme.

Ben fallait pas.

J’ai tout de suite vu la tête dubitative de l’Homme devant son assiette.

« C’est quoi comme viande ? »

« Du veau »

« Oui mais c’est quoi comme morceau ? »

Moi qui comptais lui faire à l’envers, ben c’était foiré. Et sitôt que j’ai avoué que c’était de la langue, ça a été foutu. Un niet catégorique et sans retour, au motif du délit de sale gueule de la langue.

L’Homme a donc mangé végétarien ce soir-là, et moi je me suis régalée.

La langue est un morceau très tendre et fondant, doux au goût et qui se marie avec à peu près toutes les saveurs.

S’il n’a pas voulu goûter la viande, l’Homme a cependant largement validé la sauce. Comme il en restait, j’ai tout congelé et je vais lui ressortir sous une autre forme d’ici quelques temps, mais chuuuut…..

 

Pour 4 personnes

  • 1 langue de veau
  • 1 blanc de poireau
  • 1 oignon
  • 10 cl de bouillon de bœuf corsé (facultatif, mais j’en avais au congel, du fait maison)
  • 10 cl de crème
  • 20 cl de Madère (d’assez bonne qualité si possible)
  • Poivre, sel

 

On peut faire cuire la langue la veille, c’est plus simple mais ce n’est pas obligatoire (mais ça simplifie quand même vraiment la vie car cette recette est longue).

Mettre la langue dans une grande marmite et la recouvrir d’eau.

langue eau

Il doit y avoir beaucoup d’eau. Porter à ébullition, saler, puis laisser cuire environ deux heures à feu moyen en écumant tant que ça fait de la mousse. La langue doit être moelleuse quand on plante une lame de couteau.

Lorsque la langue est cuite, la laisser refroidir. Personnellement, je fais toujours cuire la langue la veille et je la laisse refroidir dans l’eau. On peut également faire cuire la langue avec un bouquet garni, mais je n’avais pas ce qu’il fallait sous la main.

Le jour J, sortir la langue et la déposer sur une planche. Oter la peau épaisse (c’est super facile, ça vient tout seul) et découper en tranches.

langue découpée

Moi, j’ai même encore enlevé la « sous-peau » en me disant que ça passerait mieux pour l’Homme (visiblement, ça n’a pas suffit à rendre ma langue de veau présentable mais bon….).

Dans une cocotte, faire revenir l’oignon et le poireau découpés en brunoise, avec un peu de beurre.

légumes

Lorsque les légumes commencent à être fondants, verser le Madère et porter à ébullition. Laisser bouillonner une ou deux minutes, puis baisser la chaleur. Ajouter les tranches de viande, le bouillon corsé (si on a choisi d’en mettre, sinon on met un peu d’eau), poivrer généreusement et laisser cuire une petite demi-heure à couvert.

langue bouillon

Au bout d’une demi-heure, ajouter la crème, goûter et rectifier l’assaisonnement si besoin, laisser encore chauffer deux ou trois minutes et servir.

prêt à servir

Ce plat est parfait avec une purée, des pâtes fraiches, voire un riz blanc. Moi j’avais un reste de gnocchis et d’orge perlé à utiliser, et ça allait très bien.

fin post

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