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Lect.eur.rice, si tu es vegan, adepte du régime végétarien (contre lequel je n’ai rien, je tiens à le préciser - non mais c'est c'est important de le dire, parce que déjà que j'ai les vegans sur le dos alors...), si tu aimes manger healthy avec plein de graines de machin et de pousses germées de truc, si tu ne bois que du thé vert et que tu laisses de côté la couenne du jambon cru, je te le dis de suite, ne prends pas la peine de lire ce post, cette recette n’est pas pour toi.

En effet, cette recette est grasse, bien qu’elle ne contienne aucune graisse ajoutée. Chaque bouchée passe directement de la bouche aux artères, alors il faut éviter de faire une prise de sang le lendemain sous peine de voir le cholesterol et les triglycérides exploser tous les plafonds et de se faire engueuler par son toubib.

Aujourd’hui, donc, je vous propose de manger des rillons.

C’est quoi les rillons ?

C’est une spécialité de la région de Tours, dont mon grand-père maternel était originaire. Ma mère en raffole et elle me raconte que lorsque, enfant, elle allait en vacances chez mon arrière grand-mère, elle aurait bien aimé en manger plus souvent.

Alors comme je rends souvent hommage à mes origines alsaciennes et catalanes mais jamais tourangelles, je me suis dit qu’il était temps de rectifier le tir quand même. Je dédie donc cette recette à ma mère, qui adore les rillons, à mon grand-père (qui me manque beaucoup et pour qui un repas sans viande n’était pas un repas) et à mon arrière grand-mère.

Mémé Cécile, je l’ai très bien connue, elle a vécu jusqu’à 106 ans donc j’étais déjà bien engagée dans l’âge adulte quand elle nous a quittés. C’était une femme très modeste, qui a ramé toute sa vie active pour élever seule ses deux gosses et du coup, elle avait  gardé des habitudes de frugalité. Je pense que si elle avait vu mes assiettes d’hier soir, elle nous aurait gratifié d’un beau « Ouh, dis-donc mon p’tit, c’est beaucoup trop pour deux personnes ! ». Moi, ça m’aurait faite sourire, mais ça aurait fait bondir ma grand-mère qui était l’incarnation même de la générosité (et pas qu’à table). Ma mère aurait souri en regardant en coin vers mon père, qui aurait levé les yeux au ciel.

Vous l’aurez compris, chez moi, tout passe par l’estomac, y compris le souvenir de ceux qui sont partis.

Je pense que vous vous demandez pourquoi j’ai appelé ce plat « Light » alors qu’on voit clairement le gras sur la photo ?

Tout simplement parce que mes rillons à moi ont cuit dans leur propre graisse, alors que normalement, on est censé les faire cuire dans de la graisse de porc en plus. Moi je trouve qu’il y en a largement assez comme ça, et que ce n’est pas la peine d’en rajouter. Mais bon, c’est tout à fait le genre de plat à éviter quand on surveille son poids, on est bien d’accord.

Alors ce plat n’a pas fait l’unanimité. L’Homme, qui est du genre nareux, a demandé, en passant à côté de l’assiette « C’est quoi ce truc tout grassouillon, là ? »

« Mes souvenirs d’enfance ».

Non, en vrai, j’étais super agacée par sa remarque alors j’ai juste répondu sur un ton hyper sec que s’il n’en voulait pas, il était pas obligé d’en manger.

Il a donc rétropédalé dans la semoule (enfin, dans la graisse de cochon) et a dit que si, si, il allait en manger, mais il m’a fait un tel tri dans l’assiette que j’en avais le cœur fendu. Moi, je me suis régalée. C’est moelleux, fondant, parfumé, ça passe tout seul.

Par contre, c’est long à faire, comme beaucoup de plats à l’ancienne.

 

Pour deux personnes

  • 450 g de poitrine de porc fraiche désossée
  • 2 cuillères à soupe de fleur de sel
  • 20 cl de vin blanc (en principe du Vouvray mais vu le prix, moi j’ai mis du muscat sec)
  • 20 cl d’eau
  • 1 oignon
  • 1 branche de thym
  • Poivre noir

 

Jour J-2

viande

Découper la poitrine de porc en gros cubes et la déposer dans un saladier.

Mélanger le poivre concassé grossièrement, le sel et le thym effeuillé (si on a de la fleur de thym c’est super, mais en plein centre de Lyon ça pousse pas bien alors j’avais juste du thym normal) et verser sur les cubes de poitrine de porc. Mélanger pour que tous les morceaux de viande soient bien en contact avec le sel, filmer et laisser 24 heures au frigo.

cubes

 

Jour J-1

Déposer les cubes de viande dans une passoire et rincer sous un filet d’eau froide. Eponger sur un torchon propre ou un papier absorbant.

Mettre la viande dans une poêle anti adhésive, et faire dorer les morceaux sur chaque face.

Eplucher l’oignon et le couper en fines lanières, puis les déposer au fond d’une cocotte en fonte qui va au four.

Ajouter les morceaux de viande, verser le vin et l’eau, puis la graisse rendue dans la poêle.

Couvrir et enfourner pour deux heures à 160°C.

prêt à cuire

Laisser refroidir dans le four.

Jour J

Sortir les rillons de la marmite et racler la graisse au maximum.

assiette

C’est délicieux avec une salade verte, mais moi j’ai décidé de faire un plat 100% fat alors j’ai cuisiné des lentilles (simplement cuites à l’eau avec une carotte, un oignon et un morceau de céleri), je les ai égouttées puis réchauffées avec la graisse rendue par les rillons lors de la cuisson.

C’est trop bon : les lentilles prennent le bon goût de la viande, c’est délicieux. Si on veut rester dans l’esprit de Touraine, on sert ça avec un bon Vouvray bien frais si on arrive à en trouver.

fin post

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