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J’adore le lapin à la moutarde. Et aussi le lapin aux pruneaux. Et puis celui que fait maman avec le foie mixé dans la sauce. Et j’aimais bien celui en gelée de ma grand-mère alsacienne. Ah, et j’adorais celui que faisait ma grand-mère catalane avec plein d’olives vertes dans la sauce.

Voilà voilà. Le lapin, c’est bon.

Sauf que le lapin, j’avoue, j’ai toujours un peu de mal à le cuisiner. Je me souviens toujours de ces deux gros lapins vivants que Mamie avait achetés et ramenés à la maison, de mon grand-père tout fier de nous les montrer à ma cousine et moi (ados en vacances à l’époque). On était parties leur chercher des carottes dans le jardin, on était déjà en mode cromeugnontoutpleinlelapinou quand Papy nous a annoncé le plus naturellement du monde qu’on allait les bouffer lors du repas de famille.

Avec ma cousine, on a fait la révolution, on a juré de camper devant les lapins, de faire rempart de notre corps s’il le fallait mais qu’il ne leur arriverait rien. Mon grand-père, qui dans sa jeunesse n’avait pas souvent eu de viande à manger et avait été très pauvre, ne comprenait clairement pas ce qu’il appelait « cette sensiblerie » (pour lui un lapin, c’était de la viande, point barre), ma mère était bien embêtée (je crois qu’elle compatissait un peu mais n’osait pas trop ouvertement prendre parti) et mon oncle était simplement mort de rire.

Moi, presque 20 ans après, je revois encore ma grand-mère avec son tablier et son torchon à carreaux à la main, en train de houspiller mon grand-père qui nous avait montré ça à nous, des petites de la ville, et que forcément ça ne pouvait que nous traumatiser parce que pour nous, un lapin, c’était un animal de compagnie.

Je ne sais pas ce que sont devenus les lapins cette année-là. A l’époque, j’avais eu envie de croire que Mamie les avait ramenés et qu’ils s’en étaient sortis. J’ai toujours soigneusement évité de poser la question.

Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas mangé de lapin cet été là, ni les suivants et que moi j’ai dû mettre 10 ans avant d’en goûter à nouveau. C’était au restaurant, mon mec du moment en avait pris et ça me faisait vachement envie alors j’avais pioché dans son assiette, et c’était vachement bon.

Depuis, j’en ai mangé quelques fois et j’en ai même cuisiné, mais j’avoue que j’ai du mal. Quand je vois le lapin, la forme des cuisses, du corps, ça me fait penser à un chat. Et je ne parle même pas de la tête qui est souvent vendue avec, c’est juste du film gore.

Bref, tout ça pour dire que lorsque je vois une recette de lapin qui me fait envie, je remplace le lapin par du poulet. Et voilà, le tour est joué !

Donc là, cette recette de poulet à la moutarde était en principe destinée à être cuisinée avec du lapin. Elle me faisait envie depuis un bon moment et l’autre soir, je me suis lancée. En fait, j’ai plein de moutarde à utiliser car dès qu’un nouveau verre collector avec un perso débarque sur les rayons de Monop’, je l’achète pour les Gremlins. Ils sont tout contents, et moi j’aime bien l’idée de rendre mes gosses heureux avec des petits plaisirs, mais du coup, faut trouver des idées de recettes.

Là, c’était parfait. J’avais du poulet, de la moutarde, de la crème, un peu de temps et une grande envie de plat gourmand. On s’est régalés, et c’était ultra simple à faire, donc je partage.

Pour deux personnes

  • 2 cuisses de poulet de qualité
  • 2 cuillères à soupe de moutarde normale
  • 1 cuillère à soupe de moutarde à l’ancienne
  • 4 tranches fines de guanciale (ou de poitrine fumée ou de pancetta)
  • 5 cl de vin blanc
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 4 cuillères à soupe de crème fraiche

 

Préchauffer le four à 210°C.

Couper les cuisses de poulet en deux au niveau de l’articulation et retirer la peau.

Mélanger la moutarde normale et l’huile et badigeonner la viande.

poulet et moutarde

Déposer dans une cocotte (ou un plat) qui va au four ET sur la flamme et enfourner pour 5 minutes, le temps de saisir la viande.

Sortir du four, verser 5 cl d’eau et déposer la guanciale coupée en petits morceaux sur le poulet. Baisser le four à 180°C et laisser cuire une trentaine de minutes en surveillant et en arrosant la viande de temps en temps.

apres cuisson

Lorsque la viande est cuite, retirer les morceaux et réserver au chaud.

Retirer la graisse de cuisson. Cette étape est TRÈS IMPORTANTE sinon ce sera immangeable.

Verser le vin blanc et porter à ébullition en raclant avec une spatule en bois pour bien récupérer tous les sucs de cuisson. Baisser la chaleur, ajouter la crème et la cuillère de moutarde à l’ancienne que l'on aura mélangées auparavant.

crème moutarde

Mélanger et laisser cuire une ou deux minutes sans faire bouillir.

final

Remettre le poulet, bien napper chaque morceau avec la sauce et servir avec des pâtes fraiches, une purée, du couscous, un bon riz…

fin post

Passer la soirée à se demander pourquoi un lapin c’est mignon et pas un poulet.

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