couverture

J’ai un paquet de souvenirs de la fac (pas forcément des souvenirs studieux d’ailleurs), et notamment de souvenirs de longues heures passées à glander travailler à la cafète.

A l’époque, il était autorisé de fumer dans les lieux publics (oui oui, je suis si vieille que ça) et on payait en francs, genre 2.5 un expresso. On passait des heures avec ma pote à boire des litres de caféine, à fumer clope sur clope et à refaire le monde (enfin surtout moi, elle, elle était du très bon côté de la barrière alors elle ne voyait pas trop ce qu’il fallait changer), ou mater les beaux gosses baraqués qui jouaient au baby foot et le beau brun ténébreux et solitaire qui roulait ses clopes et lisait des bouquins de philo tout seul à sa table (ma pote trouvait qu’il était l’incarnation parfaite de Heathcliff et fantasmait à fond et moi, j’aurais bien aimé savoir ce qui se cachait derrière cette mine toujours préoccupée).

De temps en temps aussi, il nous arrivait aussi de travailler manger, parce que mine de rien, ça creuse d’être jeunes et pleines d’illusion. Et là, ça se gâtait et la réalité étudiante nous frappait en pleine tronche. Il faut le dire : autant le café était top, mais la bouffe, c’était pas génial. Au choix, il y avait croque-monsieur bourratif, pan bagnat dégoulinant de mayo industrielle et quiche à la béchamel. Et en dessert, tarte aux pommes ultra pleine de nappage, pudding ou tarte au flan.

La tarte au flan, c’était souvent mon choix par défaut, parce que les autres trucs, c’était vraiment de l’ordre du pas possible.

Du coup, une fois que j’ai quitté la fac, je l’ai rapidement sortie de ma mémoire et de mon alimentation.

Et puis plus tard, à l’époque d’internet, de l’euro et du temps pour glander derrière un écran plutôt que dans une cafétéria enfumée, j’ai découvert que notre bonne vielle tarte au flan de la fac avait en réalité un nom bien plus pompeux : le Flan Parisien, et que c’était supposé être une grande spécialité un peu comme le millefeuille ou l’éclair au chocolat (deux pâtisseries que je déteste particulièrement d’ailleurs). J’ai été intriguée : ce truc pâteux, archi sucré, bourratif et collant, ça pouvait faire l’objet de battles de boulangeries ? Et ensuite, pourquoi parisien d’abord ? Qu’est-ce qu’il a de parigot ce flan ? Les vaches qui ont fourni le lait ont été nourries avec les fleurs du Champ de Mars ?

Je me suis dit qu’il allait falloir que je retente, mais à chaque fois que j’en voyais, je retrouvais cet aspect bloc étouffe marxiste qui ne me faisait pas du tout envie.

Jusqu’au jour où j’ai repéré The Flan de Ô Fournil des Artiste (oui, encore eux). Il avait l’air léger et crémeux, on voyait les petites graines de vanille et surtout, dans cette boulangerie, je n’ai jamais été déçue. Alors je l’ai acheté, je l’ai goûté et j’ai aimé. Voire beaucoup aimé.

Je me suis donc mise en quête de la recette qui me conviendrait et je l’ai trouvée sur le magnifique blog J’en reprendrais bien un bout.

Alors évidemment, elle et moi ne jouons pas dans la même cour, mais certaines de ses recettes les plus anciennes sont tout à fait réalisables, même par des sous-douées en pâtisserie comme moi, donc je me suis lancée et je n’ai pas regretté.

J’ai juste modifié la quantité de sucre car la première fois je l’ai trouvé vraiment trop sucré, et aussi la quantité de rhum, car il écrase vite le reste des saveurs. J’ai également zappé les noix de pécan et utilisé quelques drops de chocolat noir de chez Barry  plutôt que du chocolat noir haché.

L’Homme et Gremlinette ont validé, les collègues aussi et même moi, qui ne suis pas très dent sucrée, j’en ai repris le soir même.

Je rebaptise donc mon flan le Flan lyonnais, parce qu’à Lyon, tout est bon (chauvine ? Moi ?)

 

Pour le fond de pâte

  • 80 g de cassonade
  • 40 g de beurre demi sel MOU (hyper important)
  • 1 gros oeuf
  • 125 g de farine
  • 1 cuillère à café de levure chimique
  • 3 cuillères à soupe de pépites de chocolat

 

Pour le flan

  • 1 litre de lait entier (frais ou à la rigueur pasteurisé)
  • 25 cl de crème liquide entière 
  • 2 gousses de vanille de qualité
  • 10 jaunes d'oeufs
  • 180 g de sucre
  • 100 g de Maïzena
  • 1 cuillère à soupe de Rhum brun 

 

Fendre les gousses de vanille et gratter les graines, puis déposer les graines dans un saladier.

Mettre les gousses dans une casserole et ajouter le lait et la crème.

Porter à ébullition (attention, ça monte vite), couper la chaleur, couvrir et laisser infuser.

Dans le saladier qui contient les gousses de vanille, ajouter les jaunes et le sucre et fouetter jusqu’à ce que le mélange blanchisse (un conseil, faites-le au fouet électrique sinon vous risquez la tendinite). Ajouter la Maïzena, fouetter et ajouter le lait en fouettant. Il va de soi qu’on a enlevé les gousses de vanille avant de verser, hein !

Mettre le contenu du saladier dans la casserole et laisser cuire à feu doux jusqu’à ce que le mélange épaississe. Il doit avoir la texture d’un yaourt type Fjord. Lorsque la crème est prête, la verser dans un grand plat à gratin pour qu’elle refroidisse et laisser reposer. Normalement, il faudrait attendre qu’elle ait complètement refroidi, mais je n’ai pas eu le temps et ça a tout de même fonctionné.

Pendant que la crème refroidit, préparer le fond de tarte (ça sonne mieux que le fond de flan…)

J’insiste sur le fait de prendre du beurre bien mou qu’on aura sorti très en avance.

Dans un saladier, mettre le beurre, la cassonade et la levure. Battre au batteur électrique jusqu’à ce que le mélange blanchisse et devienne onctueux. C’est un peu long, c’est normal.

Ajouter l’œuf et continuer de fouetter jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène.

Ajouter les pépites de chocolat et mélanger à nouveau. A partir de ce moment-là, je passe en manuel et j’y vais à la spatule, je préfère.

Terminer en incorporant la farine jusqu’à obtention d’une pâte collante. Déposer au fond d’un plat à bords amovibles, étaler et lisser, et mettre au frais pour au moins une demi-heure.

Préchauffer le four à 180°C.

Ajouter le rhum dans la crème et mélanger au fouet, puis verser dans le moule sur la pâte à cookies.

Enfourner et laisser cuire 40 minutes (en fonction du four). Le dessus du flan doit être doré et le flan légèrement tremblotant à la sortie du four.

démoulé

Laisser refroidir complètement, puis mettre au frigo pour toute une nuit avant de déguster bien frais. C’est parfait avec un thé, un café, un cacao ou un verre de muscat bien frais.

 

fin post

Alors il n’est pas tout à fait aussi bon que celui de Ô Fournil des Artistes, mais il est tout de même très proche…

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