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Je me souviendrai toute ma vie de mon premier cours d’Anglais. J’étais en sixième avec un cartable plus gros que moi, mes lunettes de première de la classe et la boule au ventre. Alors que j’étais plutôt bonne élève (sauf en maths), j’étais super angoissée devant cet inconnu. Et si je ne pigeais rien du tout à ce que la prof allait dire ? Et si je me ridiculisais ? Et si j’étais aussi nulle en anglais qu’en maths ?

Et puis est arrivée Madame Philippe, avec son tableau de feutre, son Speak English et ses vieilles bandes magnétiques, et ses pastilles Solutricine qu’elle croquait discrètement tout le long du cours…

Elle a commencé le cours, et ça a été comme une révélation. C’était un kif de dingue. Je pigeais tout ce qu’elle disait, ça rentrait tout seul, je sortais les réponses automatiquement, c’était comme si j’avais trouvé ma vocation, comme si cette langue était faite pour moi (alors que j’avais plutôt baigné dans un bain d’allemand depuis ma naissance).

Where is Brian n’a jamais été synonyme de cauchemar pour moi. Brian était dans la kitchen, c’était une évidence.

De même, quand la plupart de mes camarades de collège redoutaient d’avoir à faire un séjour en Angleterre, moi je n’attendais que ça. Et quand j’y suis allée pour la première fois toute seule, c’était magique. Un vrai dépaysement, un véritable émerveillement, y compris dans l’assiette.

En vrac, je découvrais le cheddar, les sweet pickles, les chips au vinaigre, les mince pies et le lemon curd.

Le lemon curd, c’était une vraie surprise. On ne s’attend pas forcément à des spécialités à base de citron en Angleterre, et pourtant le lemon curd est un incontournable du tea time.

La première fois que j’en ai mangé, j’ai été séduite de suite. Une cuillère sur une tartine de pain beurré, sur un scone tiède, sur un pancake et ça te sublime les papilles, un truc de fou.

Quand je suis allée à Palau en juin, Maman m’a donné quelques citrons du jardin de Papy, les derniers car il n’a rien donné cet année.

Ces citrons, ils m’accompagnent depuis mon enfance. J’ai toujours considéré comme normal d’en prendre un et de le couper pour arroser de son jus parfumé un bout de gigot, un filet de poisson. Il y avait toujours cette impression que la source allait toujours couler. L’année où le citronnier a gelé l’hiver, Maman et son frère en avaient racheté un à Papy, qui s’était du coup retrouvé avec deux citronniers car avec ses pouces verts, il avait réussi à faire repartir le premier.

 

Là, pour la première fois, je ne sais pas si je vais un jour avoir le bonheur de remettre un de ces citrons sur ma table alors il était bien évidemment hors de question de les gaspiller bêtement.

J’en ai utilisé un dans un lemon cake et avec le second, j’ai décidé de me lancer dans la confection du lemon curd. C’était pour moi une belle madeleine et un des meilleurs moyen de donner à ces citrons fantastiques la place qu’ils méritent : celle d’honneur.

Pari réussi : c’est tip top, ça a bien le goût du lemon curd qu’on achète dans le commerce, sauf que c’est sans additif et 100% fait maison.

D’ici peu, je pense que je vous posterai une recette dans laquelle je l’utilise, mais c’est très bon sur une madeleine, sur une tranche de pain beurré, avec de la brioche, un croissant, sur des crêpes, des pancakes….

 

Pour un pot de lemon curd (un pot vide de Bonne Maman)

  • 1 gros citron BIO et non traité
  • 50 g de beurre de qualité
  • 125 g de sucre roux
  • 2 œufs

 

Dans un saladier, mettre le zeste et le jus du citron, le sucre et le beurre. Faire chauffer au bain marie en mélangeant jusqu’à ce que le beurre ait fondu.

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Ajouter ensuite les œufs battus et laisser cuire au bain marie pendant 20 minutes, sans cesser de mélanger.

Verser dans un pot et laisser refroidir avant de fermer. Mettre au frigo pour faire durcir un peu, et déguster à partir du lendemain.

C’est super simple à faire, le plus dur est de trouver un citron de qualité et non traité.

 

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Le lemon curd se conserve un mois au frigo.

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