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Gremlin, au retour de vacances, m’a demandé d’un ton mi-implorant mi-accusateur pourquoi je n’achetais jamais de fruits, alors que lui adooooore les fruits.

 

Alors là, je me suis arrêtée 30 secondes pour réfléchir.

En ce moment, sur la blogosphère des mamans, il y a profusion de ces mères parfaites et bienveillantes.

Mais si, vous savez, ces meufs parfaites qui trouvent le temps de bosser – mais on se demande où et quand tout de même – de faire à manger tout bio-local et healthy (autre mot à la mode qui commence à me gonfler grave), de faire du sport pour garder un corps de rêve, de se pomponner et tester tous les nouveaux cosmétiques,  de lire le dernier best-seller à la mode pour briller dans les nombreux dîners auxquels elles sont invitées, de faire plein d’activités sportives et manuelles avec leurs gamins et surtout, de pratiquer cette fameuse éducation bienveillante (celle que si tu la pratiques pas t’es trop une méchante mère, vazy quoi), selon laquelle il faut toujours être patient, zen et non exigeant avec les zenfants, car les zenfants sont des personnes (c’est Dolto qui l’a dit parce que nous les autres on est un peu concons et on s’en serait pas aperçus) et que donc, comme ce sont des personnes*, les enfants ont le droit de ne pas suivre de règle parce que ça les traumatise. Et que si tu les engueules sévère après leur avoir expliqué 10 fois sans que ça ne les freine que cracher par terre/donner des coups de pieds/voler** c’est mal, et bien tu es ce que l’on appelle un parent malveillant. Car il ne faut JAMAIS gronder un enfant, sous peine de le traumatiser gravement.  

BREF, là, devant mon Gremlin avec ses yeux de Volt quand il quémande, je me suis dit qu’avec cette requête toute simple et candide, j’avais l’occasion de me racheter un peu, moi la mère indigne qui fais manger des pâtes-quenelles-gnocchis à mes gamins plus de deux fois par semaine, moi qui parfois leur beugle d’aller à la douche de-suite-sinon-c’est-fessée (parce qu’au bout de 15 fois faut pas pousser non plus), moi qui n’ai jamais le temps de jouer avec eux parce que le soir faut aller se coucher tôt et le week end y’a toute la baraque à faire tourner (j’essaie depuis plus de 10 ans de dresser le linge pour qu’il aille seul dans la machine, mais rien à faire, et la vaisselle n’est pas plus coopérative), et bien, là, j’avais une occasion de me racheter. LA rédemption, à bon marché en plus, pour une poignée de fruits !

Je n’allais pas laisser passer cette occasion de gagner mes galons de mère bienveillante, alors au marché, j’ai fait le plein. Brugnons de vigne, framboises et mirabelles. Les mirabelles, j’en ai pris beaucoup et évidemment, Gremlin a fait comme d’hab. Il s’est bâfré le premier jour puis n’en n’a plus voulu.

J’en ai utilisé une partie pour un dessert (recette à venir) mais il me restait une poignée à utiliser et j’avais vraiment envie d’un plat salé. Enfin, sucré salé. J’ai fait simple, mais ça a été efficace.

Je suis partie du principe que tout est bon dans le cochon, mais aussi que tout est bon AVEC le cochon, donc je suis partie sur un porc effiloché (le fameux pulled pork) à la sauce aux mirabelles.

Sans vouloir me vanter (mais un peu quand même), c’était vraiment très bon et surtout, c’est d’une simplicité enfantine.

Seul bémol : c’est long car la cuisson de la viande est lente et donc longue. Mais plus c’est long plus c’est bon alors on ne prend pas peur et on se lance, ça vaut le coup.

Je n’ai pris aucune photo intermédiaire car à la base, je ne pensais pas publier la recette, mais c’était tellement bon que j’ai changé d’avis en goûtant la sauce pour rectifier l’assaisonnement.

*certes, mais une petite personne qui doit encore apprendre les notions de bien et de mal et de ce qui se fait ou pas. Et aussi l’obéissance…

** rayer la mention inutile

 

Pour trois personnes

  • 300 g d’échine de porc en morceau, avec l’os de préférence (ça donne plus de goût)
  • 3 échalotes
  • 10 cl de vin blanc pas trop sec
  • 100 g de mirabelles (environ, il faut une grosse poignée)
  • 5 cl de liqueur de mirabelle (ça fait vraiment TOUTE la différence)
  • Sel, poivre
  • Beurre

 

La veille, ou alors le matin pour le soir

Saler et poivrer la viande.

Dans une cocotte qui va au four, faire revenir les échalotes émincées dans un peu de beurre et attendre qu’elles soient dorées. Ajouter la viande et faire dorer de tous les côtés.

Verser le vin et bien remuer avec une spatule pour décoller les sucs de cuisson. Ajouter environ 250 ml d’eau bouillante, couvrir et enfourner à 160°C pour au moins deux heures, voire trois.

 

Lorsque la viande est cuite, sortir la cocotte du four et ôter la viande, récupérer le jus de cuisson et les échalotes.

Laver et dénoyauter les mirabelles. Dans une petite casserole, faire fondre un petit morceau de beurre demi sel (une noisette à peine) et faire revenir tout doucement les mirabelles. Elles prennent une belle couleur vive.

 

mirabelles

Verser la liqueur, porter à ébullition, poivrer. Baisser la chaleur et ajouter le jus de cuisson de la viande avec les échalotes. Goûter, rectifier l’assaisonnement, couvrir et maintenir sur une faible source de chaleur.

Découper la viande (normalement, elle doit s’effilocher, la mienne aurait mérité un supplément de cuisson).

Napper de sauce aux mirabelles et servir avec une bonne purée, ou des pâtes fraîches ou, si on a une grosse flemme comme moi, de la semoule.

fin post

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