couverture

J’adore aller au resto. Moi qui suis en charge de la bouffe à 200% à la maison, j’adore, de temps à autre, foutre les pieds sous la table et déguster des mets qui n’ont pas été préparés par moi, d’une part, et que je serais incapable de refaire, d’autre part.

Typiquement, je ne prends presque jamais de lasagnes, de pâtes ou de gratin dauphinois au resto, parce que ce sont des choses que je maitrise et que je cuisine souvent.

Hier soir, j’ai eu le bonheur de découvrir l’Aromatik, qui a ouvert au printemps rue du Chariot d’Or, à la place de l’Antigny.

Je dois dire qu’au départ, quand j’ai vu que ça changeait d’enseigne, j’ai été d’humeur un peu chagrine, parce que j’avais adoré ce resto mais bon, je ne pouvais pas y faire grand-chose.

J’ai commencé à faire comme je fais avec tous les restos du quartier : lire la carte quand je passe devant. Et là : bonne surprise : elle change souvent (toutes les trois semaines je crois) et on y trouve des plats faits avec des produits de saison. Tout ce que j'aime. Peu de choix (donc produits du marché, et frais) et beaucoup de créativité.

Tout ça m’a franchement donné envie de l’essayer, et vite.

Alors quand l’Homme a proposé de faire venir le baby sitter un soir pour qu’on se fasse un resto, j’ai immédiatement pensé à l’Aromatik, et j’ai été carrément bien inspirée.

Première impression en entrant : c’est aéré, la déco est sobre et les toiles sur le mur sont des Birdy Kids.

tableau

 

La grande fan de Street Art que je suis n’a pu qu’apprécier, alors j’étais déjà dans de très bonnes dispositions quand le serveur est arrivé pour me donner les cartes.

Au premier coup d’œil, j’étais conquise mais un peu emmerdée, parce que comme souvent, j’avais envie de plein de choses.

On a opté pour le menu à 39 euros, et on a finalement pris un supplément fromage, parce que la gourmandise, c’est bon.

 

menu

Pour l’apéro, j’ai pris un cocktail maison (à base de tequila et jus de cranberry) : c’était très bon, très équilibré.

apéro

On nous a apporté quelques olives vertes (énormes !) très bonnes. J’avoue avoir été un peu déçue car je m’attendais à une petite mise en bouche, mais c’est vraiment le seul minuscule bémol (et il est plus que léger) de la soirée. L’Homme avait pris un kir royal. Au bout de quelques instants, le serveur est venu le reprendre en lui disant qu’il y avait un souci sur la bouteille, et qu’il n’y avait plus de bulles. Il en a ramené un quelques instants plus tard, j’ai vraiment apprécié l’honnêteté du geste.

En entrée, j’ai longuement hésité entre le tataki de bœuf et le ceviche, et finalement, l’appel de la mer l’a emporté. J’adore le poulpe et je n’en mange pas souvent.

ceviche poulpe

J’avoue que je n’ai pas regretté mon choix. Un truc de dingue ce plat. Le poulpe est légèrement blanchi mais garde une texture agréable, et ensuite, il marine dans un tas de bonnes choses. Il y avait de la coriandre, de l’oignon frais et quelques flocons de piment, un peu d’huile, c’était un vrai délice, tout en fraîcheur et en subtilité.

J’ai également goûté la burrata de l’Homme et là aussi, c’était la fête de la papille. Du pesto, de la tomate parfumée, bref, un vrai festival dans la bouche.

burrata

En plat, j’ai hésité à prendre l’espadon, mais comme je suis super difficile en poisson, j’ai eu peur de ne pas aimer donc j’ai choisi le pavé d’agneau.

Sur ce choix, je prenais un risque car je suis plutôt gigot de 7 heures ou tajine que carré d’agneau rosé. Mais je n’avais pas envie d’un curry (j’en fais souvent) et je n’aime pas la truite.

Le risque a payé.

agneau

Je ne crois pas avoir déjà mangé une viande avec une telle texture. C’était moelleux, savoureux et sans le côté fort de l’agneau (que personnellement j’adore mais qui aurait fait fuir ma grand-mère en courant). Une petite réduction de jus bien corsée venait relever le tout, c’était parfait.

Comme on est des goinfres, on a décidé de prendre du fromage en plus du dessert. La serveuse nous a gentiment conseillé le Côte du Roussillon (on venait de finir notre très bon Croze Hermitage) et le conseil était bon : ce vin aux accents de chez moi collait parfaitement avec le fromage un peu relevé.

 

fromage

Le dessert, qui avait également été un grand moment de dilemme pour moi car j’hésitais entre le melon et le financier, a été un autre grand moment de joie.

Je déteste les desserts lourds à la fin d’un repas, mais j’aime tout de même que ce soit gourmand (comment ça chiante ?).

La fraicheur du melon, relevée par le citron et le moelleux de la glace au petit suisse ont achevé de me conquérir.

melon

 

L'Homme avait choisi (sans surprise, il est accro au chocolat) le fondant et m'a dit qu'il s'était régalé. Je n'ai pas voulu goûter car je voulais rester sur la fraicheur de mon dessert.

chocolat

On a aussi apprécié le geste commercial sur la note (on a eu une réduction sur le supplément fromage), c’est suffisamment rare pour être relevé et apprécié à sa juste valeur.

Enfin, un mot sur l’équipe, parce qu’un restaurant, ce n’est pas seulement une brigade aux fourneaux mais toute une équipe en salle. Et moi, si on me sert la meilleure bouffe de la terre en étant désagréable, ben ça me gâche le repas.

Si j’ai bien vu, il y a deux personnes en cuisine et deux en salle, moyenne d’âge 30 ans (et encore) et peut être quelqu'un en back office pour la plonge.

On est accueilli avec le sourire, les questions posées par la cliente chiante que je suis ont été écoutées avec bienveillance et les réponses m’ont été données de façon précise et honnête.

Le service est assuré avec beaucoup de professionnalisme mais sans être guindé, et c’est tout ce que j’aime (les pingouins en cravate qui te balancent du « Madame » derrière chaque mot et lèvent les yeux au ciel dès que tu poses une question, comme si tu étais la dernière des connes en cuisine, très peu pour moi).

On a des sourires, de l’humour, de la compétence, du talent et beaucoup de volonté : que demander de plus ?

Côté cuisine, pareil. Comme ils n’étaient pas occupés à préparer un plat quand on est partis, je suis allée leur dire que je m’étais régalée (je n’ai pas trouvé de mot plus fort), et j’ai eu droit à deux beaux sourires.

C’est bête à dire mais là aussi ça fait plaisir, parce que parfois, lorsque tu complimentes le chef au resto, il te prend de haut comme si c’était une évidence et qu’il n’en n’avait rien à faire de ton compliment à toi, pauvre petite cuisinière du quotidien.

J’ajoute de plus un commentaire qui n’a pas grand-chose à voir avec la cuisine, mais quand on sait à quel point il est difficile de monter une boîte et de la faire tourner suffisamment pour qu’elle fasse vivre au moins 4 personnes, je dis chapeau bas. Il faut beaucoup d’énergie et de courage pour se lancer, et certainement beaucoup de sacrifices aussi. Et tout ça pour que les gens comme moi puissent passer de divins moments comme hier. Donc bravo à toute l’équipe et merci encore pour l’accueil, les conseils, et le repas délicieux.

Les lyonnais, si vous ne savez pas où aller, c’est le moment de réserver à l’Aromatik.

 

Aromatik

15 rue du Chariot d’Or

69 004 Lyon

04 78 23 73 61

 

Dois-je préciser que ce post, comme tous les autres, n’est pas sponsorisé ? D’ailleurs, avec 20 lecteurs par jour les grands jours, ça leur coûterait plus que ça ne leur rapporterait…

 

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