gigot cuit

J’adore le gigot. J’ai toujours aimé ça. Vraiment (faut juste que j’évite de penser à l’agneau sur pattes).

Je ne crois pas qu’on en mangeait très souvent à la maison : un gigot pour trois personnes, c’est gros. Maman cuisinait plutôt l’agneau avec une sauce au paprika et des patates, avec des morceaux de collier. Elle faisait ça à la cocotte minute, je m’en souviens. Les patates cuisaient dans la sauce avec le mouton, elles étaient toutes confites et regorgeaient de saveur et la viande fondait en bouche, c’était une tuerie.

On n’en mangeait pas non plus chez mes grands-parents dans le midi : là-bas, c’étaient des côtelettes d’agneau ou des tranches de gigot à la braise, avec un filet de citron du jardin : trop top. On se régalait. Sauf mamie qui avait droit à sa tranche de steak archi cuit parce qu’elle détestait l’agneau et la viande saignante ou rosée, mais comme elle était hypra cool, elle faisait quand même pour nous des plats qui ne lui plaisaient pas à elle.

On en mangeait par contre en Alsace, probablement à Pâques. Dans mon souvenir, il était énorme (mais bon, j’étais gamine alors forcément il me paraissait démesuré). Ma grand-mère le cuisait au four, à l’ancienne, pas trop cuit au milieu et l’entame plus cuite pour ceux qui (comme maman et moi) ne l’aiment pas rosé. Je me souviens aussi de mon père et de mon oncle en train de bâfrer en douce la souris, sous le prétexte de découper à deux le gigot dans la cuisine.

Moi j’ai mis des années à en cuisiner (c’est gros, c’est pas donné et beaucoup de gens n’aiment pas) mais depuis que j’ai découvert la cuisson en 7 heures, je suis complètement accro. Cette peau dorée et croustillante sur le dessus, qui craque sous la dent et explose en bouche, et cette chair fondante en dessous, moelleuse, parfumée…. C’est tout simplement l’extase.

[Le premier effet kiss cool, avec le gigot de 7 heures (ou le gigot cuit autrement), c’est qu’il en reste souvent beaucoup, et je ne suis pas super fan du gigot froid comme ça.

Le second effet kiss cool (et là c'est tout sauf cool), c'est qu'en période de canicule comme en ce moment, 7 heures de four qui chauffe, c'est de la torture façon Torquemada.]

Là, j’avais acheté une caissette de Bonnottes de Noirmoutier et les beaux jours venaient juste de montrer le bout de leur nez. Je me suis dit que ça serait une bonne idée de recycler le reste dans une salade de pommes de terre, bien parfumée et bien fraiche.

 On part sur un gigot pour deux adultes bons mangeurs et deux enfants petits appétits (enfin ça dépend pour quoi). pour la salade, on l'a torchée à deux adultes.

Pour le gigot de 7 heures

  • 1 beau gigot
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 tablette de bouillon diluée dans 200 ml d’eau bouillante (ou 200 ml de bouillon de légumes maison, c’est vraiment mieux mais il faut du temps ou alors de la place au congel, et je n’ai ni l’un ni l’autre)
  • Poivre

 

Pour la salade de bonnottes au gigot

  • Un reste de gigot froid
  • 500 g de bonnottes de Noirmoutier
  • 50 ml de vinaigre Melflor
  • 100 ml de bouillon de légumes
  • La gelée du fond du plat dans lequel a cuit le gigot, dégraissée
  • 3 cuillères à soupe de persil ciselé (Monsieur P.)

 

Le gigot de 7 heures

Préchauffer le four à 215°C.

Mettre le gigot dans un plat haut qui va au four.  Poivrer, verser l’huile d’olive et masser le gigot pour qu’il soit bien enduit d’huile.

Préparer le bouillon (j’avoue, j’ai pris une tablette) et le verser au fond du plat.

Enfourner et laisser dorer 25 minutes.

Au bout de 25 minutes, sortir le gigot et baisser la température à 140°C.

Couvrir le plat avec du papier aluminium, remettre au four et laisser cuire 7 heures (ou plus).

Moi, j’ai fait en deux fois. 5 heures la veille et 2 le jour même, ça marche bien aussi.

Normalement, le gigot est tellement moelleux qu’il peut se servir à la cuillère.

 

gigot cuit

ATTENTION : il faut bien penser à garder le jus de cuisson du gigot. Il va servir pour la salade de patates.

C’est délicieux avec un tian de légumes, une salade de bonnes tomates, des poivrons rouges grillés et en hiver avec une purée, avec des patates sautées, avec un gratin dauphinois…. Bref, ça matche avec plein de bonnes choses.

Et un petit verre de Saint Joseph pour faire glisser le tout, c’est divin. Ou un bon Collioure rouge. Et je pense aussi, pour sortir des sentiers battus, que ça irait bien avec un Sancerre blanc bien frais.

 

La salade de pommes de terre

Eplucher les bonnottes (ça marche aussi très bien avec des rattes). Alors je sais que normalement, les bonnottes, ça ne s’épluche pas, mais voilà : je DETESTE la peau de patate. J’ai horreur de ça, je trouve que ça gâche toute l’onctuosité du goût et quand, à la cantine, ils laissent la peau des patates dans l’écrasée, ça me rend dingue (et ça fait marrer les collègues parce qu’à chaque fois je me la joue capitaine Haddock et je râle la moitié du repas).

bonnottes

Les mettre dans une grande marmite d’eau et porter à ébullition. Quand l’eau bout, saler et laisser cuire jusqu’à ce que les patates soient cuites. Je vérifie la cuisson avec un couteau. Elles doivent rester un peu fermes, sous peine de s’écrabouiller complètement par la suite.

Lorsqu’elles sont cuites, les égoutter et laisser refroidir dans la passoire.

Découper le reste de gigot en petits morceaux et les mettre dans un grand saladier.

viande coupée

Récupérer la gelée qui s’était formée au fond du plat de cuisson du gigot et la dégraisser, puis la déposer dans un bol.

Faire chauffer le bouillon et le verser sur la gelée. Mélanger et ajouter le Melflor (ou vinaigre de cidre si on ne trouve pas de Melflor).

Mettre les patates dans le saladier, poivrer, verser la sauce et ajouter le persil émincé.

avant mélange

Mélanger, filmer et laisser reposer au moins deux heures.

 

fin post

Déguster bien frais par un soir de canicule.

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