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L’autre jour, je me suis aperçue qu’en plus de mes nombreuses névroses, je souffre du syndrome de l’écureuil : je stocke plein de bouffe, que j’oublie dès que je ne l’ai plus sous les yeux.

C’est quand j’ai voulu mettre au congel des parts de pizza que je me suis rendue à l’évidence : les tiroirs ne fermaient plus, ça débordait. Un énorme morceau de poitrine fraîche par ci (ben oui, on n’en trouve pas toujours donc quand j’en trouve, je prends), deux joues de porc par là (c’est bien, ça mijote longtemps et c’est savoureux), un sachet de myrtilles coincé entre un tupperware de bouillon de légumes maison et de la saucisse de Toulouse. Vous l’aurez compris, mon congel est à mon image : destructuré et en bordel.

Du coup ce weekend, j’ai décidé de me lancer dans une opération vidage de congel. Cette semaine, mon challenge sera d’utiliser un max de choses qui s’y trouvent avant de m’autoriser à racheter quoi que ce soit. De toute façon, il est tellement blindé que plus rien ne rentre.

Ce soir-là, j’ai été très fière de moi : j’ai réussi à dégager un tupperware de bouillon de légumes ET un sachet de rillons.

C’est quoi les rillons ? Ce sont de savoureux morceaux de poitrine de porc confits dans de la graisse. Moi j’avais fait une version plus light, très bonne mais j’avais eu la main trop lourde sur le sel. Du coup l’Homme avait un peu fait la tronche en me disant qu’il avait de l’hypertension (13 à la dernière mesure…..), j’avais donc congelé mes rillons en espérant avoir une idée de génie pour les réutiliser et les dessaler.

Ce jour-là, on avait mangé des lasagnes à midi et je n’avais pas d’inspiration pour le soir. En général, quand je n’ai pas d’inspiration, je fais des pâtes, mais là, vu qu’on en avait déjà mangé à midi, c’était délicat. En farfouillant dans le congel (après avoir bataillé un bon moment avec le tiroir qui ne voulait pas s’ouvrir), je suis tombée sur ce sac de rillons. Je me suis dit que ça irait bien dans une sorte d’hybride entre pilaf et risotto. Et que le sel des rillons allait partir dans l’eau de cuisson et assaisonner le tout.

Plutôt que du riz, j’ai utilisé de l’orge mondé et j’ai remplacé le vin blanc par du cidre (je vous ai déjà parlé du concept qui consiste à se débarrasser des restes ET des fonds de ). Je me suis aussi dit que le sucre du cidre contrebalancerait l’excédent de sel.

C’était très bon, simple et rustique comme j’aime.

Bon, allez, plus que trois tiroirs à vider...

Je vous livre une recette adaptée pour ceux qui n’auraient pas de rillons trop salés à utiliser.

 

Pour 3 personnes

  • 150 g d’orge mondé
  • 500 ml de bouillon de légumes (prévoir un peu plus au cas où)
  • 1 échalote
  • 300 g de poitrine de porc fraîche (ou demi sel préalablement cuite dans du bouillon)
  • 10 cl de cidre doux
  • 3 cuillères à soupe de ciboulette hachée

 

Découper la poitrine de porc en cubes.

Si on utilise de la poitrine fraîche, je conseille de la faire dorer dans une poêle à part.

Dans une sauteuse, faire revenir l’échalote émincée avec un peu de beurre. Lorsque l’échalote est fondante, ajouter les cubes de viande, faire dorer quelques minutes, puis mverser le cidre.

cidre

Mélanger avec soin, porter à ébullition et laisser cuire à gros bouillons jusqu’à évaporation quasi complète du cidre.

Ajouter ensuite l'orge, mélanger avec soin.

orge

Ensuite, procéder comme pour un risotto classique : baisser le feu et ajouter une louche de bouillon.

bouillon

Laisser cuire jusqu’à évaporation, puis ajouter une autre louche de bouillon. Procéder ainsi de suite jusqu’à ce que l’orge soit cuit.

Ajouter la ciboulette, mélanger et servir de suite.

fin post

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