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C’est marrant, mais quand je pense aux vacances alsaciennes de mon enfance, ces souvenirs sont toujours liés à de la bouffe.

C’est probablement dû au fait que ma grand-mère était une vraie mamie gâteau et qu’elle faisait plaisir à tout son petit monde avec de la nourriture. C’était une cuisinière hors pair, elle était capable de faire des plats délicieux avec trois restes et deux bricoles. Je ne la voyais pas souvent, mais j’ai passé de vrais moments de qualité avec elle (en plus comme je suis l’ainée de ses petites-filles, j’ai eu la chance de l’avoir rien que pour moi pendant 4 ans) et elle m’a vraiment transmis cet amour de la cuisine. Je pense que ça coule dans les veines d’ailleurs, parce que mon père cuisine aussi super bien, mon oncle était un vrai cordon bleu et mes cousines pareil. En gros, je suis issue d’une famille de gourmands et j’espère bien avoir transmis ça à mes Gremlins.

En Alsace, il y a (entre autres) deux trucs qu’on ne trouve nulle part ailleurs (en tout cas pas à Lyon) : les bretzels et les malicettes (ou mauricettes).

Le bretzel, je crois que tout le monde connait  mais la malicette un peu moins. Ce petit pain fait avec la même pâte que le bretzel est purement délicieux et souvent, ma grand-mère commandait, pour les fêtes, un pain surprise en malicette. Moi, j’adorais ceux avec le leberwurst, c’était divin.

Du coup voilà : à Lyon, on a plein de bonnes choses, mais pas de bretzels et encore moins de malicettes. Et comme ça doit se manger le jour même, pas moyen de demander à mes parents de m’en ramener lorsqu’ils vont en Alsace, car ces viennoiseries ne resteraient pas fraiches.

Même mon boulanger préféré, qui est alsacien, n’en fait pas.

Du coup il ne me restait que la solution de les faire moi-même.

J’ai farfouillé sur le net et fini par trouver plein de recettes, toutes identiques.

Je me suis lancée un soir, pas forcément convaincue et persuadée que j’allais tout foirer, mais j’avais un reste de levure à utiliser et un peu de temps devant moi.

La bonne surprise, c’est que le temps de pousse est assez restreint. Le truc un peu complexe, c’est de piger le pliage du bretzel, et l’opération de pochage mais sinon, franchement et sans vouloir me vanter, c’est fingers in the nose comme dirait l’autre (et pâte dans le robot aussi, quand même).

Je me suis retrouvée avec deux malicettes dorées et dodues qui ont été englouties par deux Gremlins affamés (et surtout aux anges d’avoir pour une fois le droit de manger un truc qui sort du four) et de beaux bretzels qui avaient le vrai goût de ceux d’Alsace (et donc de l’enfance).

Je pense que je vais rapidement en refaire, j’ai déjà plein d’idées d’utilisation des malicettes.

 

Pour environ 6 bretzels et deux malicettes

  • 500g de farine
  • 7g de levure de boulanger
  • 40g de sucre en poudre
  • 300g de lait demi écrémé
  • 80g de beurre
  • 7g de sel fin
  • Un jaune d'oeuf, un peu d'eau, des graines (pavot, sésame, gros sel)

Bain :

  • 500g d'eau
  • 8g de sel
  • 40g de bicarbonate de soude

Dans le bol du robot, mettre la farine, la levure, le sucre en poudre et le sel (il ne doit pas être au contact de la levure). Battre quelques instants à vitesse lente, puis incorporer doucement le lait.

Continuer à pétrir jusqu’à ce que la pâte soit bien régulière et se décolle des parois.

pâte

Mettre la pâte dans un bol, couvrir d’un torchon et laisser lever 45 minutes à températures ambiante (ou comme moi dans le four à 30°C).

Sortir la pâte du bol et la déposer sur un plan de travail préalablement fariné, dégazer à l'aide de la paume de la main.

Faire 8 portions de pâte.

Pour les malicettes,  il suffit de leur donner une forme oblongue : trop face’ comme dirait Gremlin.

Pour les bretzels, j’ai mis le temps mais j’ai fini par y arriver. Les explications étant fumeuses, je vous laisser regarder les photos, c’est plus clair.

pliage 1

 

pliage 2

 

pliage 3

Dans une grosse casserole, faire chauffer l'eau avec le sel et le bicarbonate de soude. Quand le bain arrive à ébullition, plonger à l'aide d'une écumoire les bretzels un à un dans le bain. Il faut juste les immerger et les sortir.

Déposer les bretzels après leur bain sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé.

Mélanger le jaune d'oeuf et un peu d'eau, badigeonner les bretzels et les malicettes et ajouter ensuite la garniture de votre choix : gros sel, pavot, sésame…

prêt à cuire

Enfourner pour 15 min environ th180°C. Les bretzels doivent être bien dorés et moelleux.

sortis du four

Déguster avec un bon Munster, du cervelas, du lerberwurst, ou simplement un bon beurre. Voire nature, c’est tellement bon que ça se mange comme ça.

fin post

En revanche, il faut vraiment les manger le jour même, ils sont nettement moins bons le lendemain.

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