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Si vous me suivez sur Instagram, vous avez pu constater que le weekend dernier, j’ai été invitée à un dîner de malade. Ce n’était pas dans un restaurant mais chez Pascal et Caro, qui avaient invité tous les copains pour un repas de Noël avant Noël.

Caro, elle cuisine comme un chef donc c’est toujours un festival de joie et de bonheur gustatif à chaque bouchée. Là, je dois avouer qu’elle s’était surpassée. Entre la cuillère gourmande aux agrumes et le bœuf cuit juste comme il faut, je ne sais pas ce qui m’a le plus enchanté le palais.

Cette fois, on avait décidé de faire un Noël canadien : chaque personne amène un petit cadeau (valeur maximale 10 euros), on fait un tirage au sort et on repart avec un petit souvenir de la soirée. L’idée était sympa.

On avait bien insisté sur le fait que le cadeau devait être un vrai cadeau, pas une blague comme on avait pu le faire par le passé.

Loi du tirage au sort combinée à ma malchance légendaire au jeu, je me suis retrouvée avec LE cadeau pourri, fait par le seul qui n’a pas lu le mail correctement et qui pensait qu’il fallait, je cite « plus ou moins faire des cadeaux débiles ».

Je me suis donc retrouvée devant ça :

 

ingrédients

En gros, le cadeau du mec que ça fait chier de chercher une idée même fun et qui prend les premières merdes babioles venues à la caisse de la station-service en revenant de son drive Auchan...

En ouvrant le paquet j’ai eu l’impression d’être Pierre qui découvre son gilet dans le Père Noël est une ordure.

Bref. L’essentiel est d’avoir passé une bonne soirée, et au moins l’avantage de ce cadeau, c’est qu’il est périssable, donc il n'encombrera pas mes tiroirs ou mes étagères.

De retour à la maison, j’ai cogité sur comment j’allais utiliser ces fruits secs… Parce que pas question de les gaspiller non plus, c’est de la bouffe après tout, ça se respecte.

Et d’un coup, j’ai eu l’illumination divine : j’allais en profiter pour tester la recette du fameux rich fruit cake de Mma Potokwani.

Petite explication rapide, attention, instant culture littéraire : je suis archi fan de la série Mma Ramotswe de Alexander Mc Call Smith.

Ce sont les aventures de Mma Ramotswe, première femme détective du Botswana. L’action doit se situer vers le milieu des années 80, mais ce n’est jamais précisé clairement dans le livre. C’est totalement délirant, dépaysant et jubilatoire comme lecture, on s’y croit vraiment.

Mma Ramotswe est plutôt rondelette (voire carrément en surpoids) mais elle se définit comme « traditionally built » (une constitution traditionnelle, par opposition à la mode actuelle de la maigreur). Elle est mariée à Mr JLB.Matekoni, qui est garagiste, et grande amie de Mma Potokwani, la directrice d’un orphelinat. Cette dernière fait souvent appel à Mr Matekoni pour réparer la chaudière, qui est très vieille et tombe en pièces. A chaque fois, il commence par refuser, car la chaudière devrait plutôt être changée, mais systématiquement, Mma Potokwani lui propose de prendre un thé, et elle lui sert une grosse tranche de son fameux « rich fruit cake ». Immanquablement, vaincu par sa gourmandise, Mr Matekoni finit par céder et accepter de faire tout ce qu’elle lui demande.

J’ai cherché la recette du cake et j’ai trouvé mieux : le livre de recettes « for the traditionally built ». Je n’avais pas encore eu l’occasion de les essayer, mais là je me suis dit que c’était le moment.

J’ai modifié très peu de choses et j’ai obtenu un big, fat, rich fruit cake, qui a fait la joie de mes collègues au petit déjeuner.

Moralité : tout est bien qui finit bien. Enfin, il me reste les trucs chimiques pour parfumer les voitures. Là, j’avoue que je ne vois pas comment les utiliser intelligemment ces machins. Ma cousine m’a dit qu’elle met, je cite « des sapins qui puent » sous le capot de sa bagnole pour éviter que les mulots aillent bouffer les câbles, je vais peut-être les lui donner la prochaine fois que je la verrai.

Enfin en attendant, voici la recette du gâteau préféré de Mr J.L.B Matekoni.

 

Pour 6 à 8 personnes

  • 270 g de fruits secs (pour moi un mélange d’abricots, pruneaux, figues et dattes du coup)
  • 5 cl d’Armagnac (marche aussi avec du rhum ou du cognac)
  • 270 g de beurre demi sel MOU
  • 4 œufs
  • 120 g de maïzena
  • 90 g de vergeoise brune
  • 90 g de vergeoise blonde
  • 330 g de farine
  • 120 g d’amandes
  • 3 cuillères à café de levure chimique

 

Préchauffer le four à 180°C.

Mettre les amandes dans un plat et les enfourner pour un quart d’heure. Laisser refroidir, en mettre une dizaine de côté pour la déco et hacher grossièrement le reste au couteau.

Couper les fruits secs en petits dés, les mettre dans une assiette creuse et verser l’Armagnac. Laisser macérer pendant la préparation de la pâte.

fruits

 

Dans un saladier, battre le beurre et la vergeoise au batteur, puis ajouter les œufs un à un. Continuer à mélanger jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.

Ajouter ensuite la farine, la levure et la maïzena, et mélanger à nouveau, puis ajouter les fruits et les amandes.

Beurrer et fariner un moule à cake, verser la pâte, déposer au dessus les amandes entières réservées pour la déco et enfourner à four préchauffé à 160°C.

Laisser cuire une heure et quart et vérifier la cuisson : une lame plantée dans le gâteau doit ressortir sèche.

Sortir le gâteau du four, laisser refroidir une dizaine de minutes, puis démouler et laisser refroidir totalement sur une grille.

 

sorti du four

Déguster avec un bon Red Bush Tea (Rooibos),

fin post tranche

en compagnie de Mma Ramostwe, Mma Potokwani et Mr J.L.B Matekoni

fin post livre

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