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Il y a un certain nombre de plats qui sont pour moi irrémédiablement liés à l’enfance et à des moments de joie en famille.

Parce que je viens d’une toute petite famille et que je suis fille unique, j’ai d’autant plus apprécié ces cousinades rituelles, car elles me sortaient un peu de mon isolement d’enfant toujours seule ou bien entourée d’adultes.

J’ai toujours passé mes vacances d’été et de Noël ici, chez mes grands-parents maternels, et j’espère bien avoir la chance de pouvoir continuer à y aller pendant très longtemps, avec mes enfants car pour moi, ce village et cette maison sont synonymes de liberté et de joie.

Le 15 août, ma grand-mère invitait tous ses cousins pour venir manger le couscous.

Alors vous allez me dire, le couscous c’est pas catalan.

Certes. Mais ma grand-mère était une personne ouverte à d’autres cultures, d’une part, et d’autre part, elle avait vécu en Algérie pendant la guerre et elle en avait ramené une recette de couscous vraiment délicieuse.

Donc le 15 août, tous les cousins débarquaient, et c’était chouette. Nous, les gosses, on avait notre table à part, loin de l’œil inquisiteur des adultes qui devaient eux aussi être bien contents d’avoir un moment sans les oreilles indiscrètes des mômes qui trainent (mais ça évidemment je ne le comprends que maintenant que j’ai des enfants).

Ensuite, à l’apéro, personne ne faisait vraiment attention à ce qu’on mangeait. La règle du « plus il y a d’adultes présents et moins on surveille les enfants » était parfaitement respectée. Du coup, c’était l’orgie de cacahuètes, chips et autres petits délices autrement très règlementés à la maison. Pour le coca, idem. On pouvait se resservir, personne ne voyait rien, c’était Noël avant l’heure.

Et à table, quand le couscous arrivait, on avait même le droit, après avoir mangé une assiette qui contenait de tout, de manger une assiette avec « juste la semoule ». Et ça, c’était le bonheur. Cette semoule au bon goût de beurre, qui fondait dans la bouche, c’était un vrai délice, j’adorais ça et je me resservais souvent au moins deux fois.

Par la suite, nous n’avons plus fait ces grandes rencontres, mais le couscous est resté un plat festif, et il m’est souvent arrivé de demander à maman d’en préparer pour mon anniversaire ou quand j’allais manger chez eux, parce qu’elle le prépare aussi bien (voire mieux car peut être plus relevé) que ma grand-mère.

Cette année, je me suis lancée. Je n’ai pas fait un vrai couscous, parce que je n’ai pas de couscoussier, mais j’ai eu envie de faire un plat qui ressemble, revisité à ma façon.

 

J’avais acheté à Monoprix un beau morceau de jarret de bœuf et un jambonneau frais parce qu’il était en promo, mais je ne savais pas comment le cuisiner. En principe, dans ma famille, on cuisine le couscous avec du bœuf et de l’agneau, donc je me suis dit que le porc devrait aller aussi, puisque, tel l’agneau, c’est une viande forte en goût.

Alors mon essai m’a valu de me faire traiter de mécréante (sur le ton de la plaisanterie bien sûr), mais franchement, c’était super bon (d’ailleurs, le péché n’a-t-il pas systématiquement bon goût, hein ? Et puis moi, ni dieu ni maître, surtout quand il s’agit de mon assiette). L’Homme s’est même resservi, je peux donc noter cette recette dans la liste « A refaire »

Pour les légumes, on peut vraiment prendre en fonction de ce qu’on a sous la main, au gré des saisons. Juste une règle : pas de patate dans le couscous en principe.

Seule contrainte : ce plat est long, entre le temps de trempage des pois chiches et la cuisson des viandes, il faut s’y prendre presque 48h à l’avance.

Mais assez de blabla, place à la recette.

 

Pour quatre personnes

 

  • Un beau jarret de bœuf
  • Un jambonneau de proc frais
  • Une poignée de pois chiches secs
  • 2 cuillères à soupe de concentré de tomate
  • 2 panais
  • 3 carottes
  • 1 poivron rouge
  • 1 gros oignon
  • 4 gousses d’ail
  • 1 gros piment vert pas trop piquant
  • 1 cuillère à café de gingembre en poudre
  • 1 cuillère à café de cumin
  • 1 cuillère à café de raz el hanout
  • 1 cuillère à café de coriandre en poudre
  • 1/2 cuillère à café de curcuma

 

La veille, mettre les pois chiches à tremper dans de l’eau froide.

Dans une grosse marmite, mettre le jambonneau de porc et porter à ébullition. Laisser cuire au moins deux heures à feu moyen.

Dans une marmite haute, faire revenir l’oignon émincé avec une cuillère à soupe d’huile d’olive. Lorsque l’oignon commence à être fondant, ajouter le poivron coupé en lamelles.

oignons poivron

 

Laisser cuire une dizaine de minutes, puis ajouter les épices en poudre.

epices

Mélanger, puis ajouter le morceau de jarret de bœuf et faire dorer.

boeuf

Recouvrir d’eau, ajouter le piment entier, couvrir puis laisser cuire une petite heure à feu doux.

Le jour J.

Egoutter les pois chiches et commencer la cuisson dans un gros volume d’eau. En théorie, il faudrait les faire cuire uniquement avec le reste des ingrédients mais les pois chiches mettent des heures à cuire et si on faisait ça, on aurait de la bouillie insipide avant que les pois chiches soient cuits.

Dégraisser le bouillon dans lequel a cuit le jarret et remettre à mijoter à feu doux en ajoutant une cuillère à café de sel et le concentré de tomates.

Sortir le jambonneau de son bouillon de cuisson, enlever la couenne et tout le gras puis mettre le jambonneau dans la marmite avec le bœuf.

Eplucher les panais, les carottes, les couper en gros tronçons et les ajouter au bouillon, ajouter les pois chiches et laisser cuire encore une bonne heure.

Servir avec du couscous et déguster bien chaud.

fin post

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