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J’ai toujours aimé la cuisine du Maghreb. A la maison, on mangeait assez souvent du couscous et on essayait souvent des recettes venues d’ailleurs. Bêtement, j’ai toujours englobé les couscous, tajines et autres délices dans ce grand fourre-tout : la cuisine du Maghreb.

Et puis, un jour lors de la pause café, mon chef (franco marocain) a gentiment taclé un collègue (franco algérien) sur la cuisine et nous a assuré que la cuisine du Maroc était, bien entendu, nettement meilleure que celle d’Algérie. Evidemment, c’était surtout une blague et il n’y avait pas une once de sérieux là derrière, on s’est tous bien marrés, mais ça m’a tout de même ouvert les yeux sur ma bêtise. Mettre dans le même sac la cuisine marocaine, algérienne et tunisienne, c’est comme mettre dans le même sac la cuisine espagnole, française et italienne sous prétexte qu’on est voisins et qu’on a tous les trois une ouverture sur la méditerranée. C’est réducteur, c’est ridicule et au final, si on veut pousser un peu plus loin, c’est presque avoir une vision encore coloniale du Maghreb.

Alors j’ai commencé à questionner mon collègue algérien sur la cuisine de sa maman et de ses tantes, il m’a ramené plein d’épices et me décrit souvent des plats. Et lorsque Nadia du blog Paprika a sorti son livre, je me suis dit qu’il me le fallait absolument, surtout que j’adore son blog et que ses recettes sont toujours un succès lorsque je les essaie.

Un petit clic sur Amazon et hop, trois jours après, j’avais mon bouquin entre les mains.

Hier soir, après un week end de malade pendant les Quais du Polar, j’avais besoin de me remettre de mes émotions.

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’honneur de rencontrer l’immense Jean Van Hamme (le père de XIII, Thorgal et Largo Winch pour ne citer qu’eux) et de pouvoir lui dire, toute bredouillante, qu’on est complètement subjuguée par ses BD depuis qu’on sait lire, ni de transporter en voiture toute une cohorte de journalistes, éditeurs et autres auteurs de polars qui occupent les têtes de gondoles. Il me fallait absolument redescendre sur terre et remettre de la nourriture dans les assiettes, et pas question de médiocrité après un tel week end. Le moment était parfait pour tester le tajine de poulet au citron confit et aux olives.

J’avoue avoir eu un gros doute en découpant le citron confit : je n’avais jamais goûté et l’odeur m’a un peu freinée : ça sentait vraiment le citron très très chimique. J’ai goûté un petit morceau et c’était étonnant : première impression : beurk, j’aime pas on dirait du Paic et seconde impression : ça laisse un parfum très intéressant en bouche.

J’ai modifié les proportions légèrement et aussi un ou deux trucs dans la réalisation, et j’ai servi avec du couscous car je n’avais pas de bon pain marocain, comme c’est préconisé dans la recette.

On s’est régalés, c’était un pur délice : le citron ne domine pas du tout comme je le craignais, il se marie à la perfection avec les olives et la fraîcheur de la coriandre.

Merci Nadia pour cette superbe recette et ce superbe livre.

 

Pour deux personnes

  • 2 cuisses de poulet fermier
  • 1 petit citron confit
  • 120 g d’olives rouges
  • 1 oignon
  • 3 petites gousses d’ail, hachées ou râpées
  • 2 cuillères à soupe de persil haché
  • 2 cuillères à soupe de coriandre hachée
  • 1 cuillère à café de gingembre moulu
  • 1 cuillère à café de curcuma
  • Quelques pistils de safran
  • Sel, poivre
  • Une cuillère à soupe d’huile d’olive, un peu de beurre (15-20 g)

 

Eplucher et émincer l’oignon et le faire revenir tout doucement dans une sauteuse avec la matière grasse.

Lorsque l’oignon commence à dorer, ajouter les cuisses de poulet, coupées en deux. Personnellement, j’enlève toujours la peau pour du poulet en sauce, mais c’est totalement optionnel.

épices

Quand le poulet commence à dorer, ajouter les épices, mélanger et laisser cuire quelques minutes à feu moyen en remuant pour que les épices enrobent bien la viande.

 

poulet épices

Ajouter le persil, mélanger, et verser environ 350 ml d’eau. Mélanger, couvrir et laisser cuire une trentaine de minutes.

 

poulet bouillon

Rincer le citron et le découper en petits dés.

citron coupé

Au bout d’une demi-heure, ajouter les olives et le citron, puis laisser cuire encore une dizaine de minutes à découvert. Ajouter la coriandre, mélanger, et servir. J’ai été conquise par la saveur du citron confit, c’était totalement nouveau, la vraie bonne surprise dans l’assiette.

fin post

 

Déguster en se disant qu’on va relancer le débat gastronomie marocaine vs gastronomie algérienne à la pause-café histoire de mettre un peu l'ambiance.

 

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