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Oui, je sais, je devrais avoir honte, je mets ça comme si c’était une recette alors qu’en fait, je n’ai rien fait, « c’est même pas de la vraie cuisine », comme me l’a fait remarquer l’Homme, un brin sur les nerfs toujours à cause de son régime de top model d’un défilé Saint Laurent.

Je suis d’accord, mais vu que je ne cuisine presque pas cette semaine, il faut bien que j’alimente le blog, et puis faire partager les bonnes choses qui se mangent, c’est bien dans l’esprit des gourmands.

En réalité, je crois qu’il était agacé car la moelle, il n’aime pas ça, comme beaucoup de gens. Je crois qu’il faut être tombé dedans tout petit pour aimer. Moi c’est mon père qui m’a initiée, du coup ma mère prenait DEUX os à moelle quand elle faisait du pot au feu, pour qu’on ait chacun le nôtre.

La dernière fois, j’ai fait goûter aux Gremlins. En vrai, j’avais la ferme intention de m’engouffrer discrètement et en douce la petite cuillère à café de moelle du jarret de bœuf qui glougloutait dans sa sauce en vin, mais Gremlin m’a captée.

« Tu manges quoi ? » qu’il me sort, sourcil froncé et ton accusateur.

J’ai bien été obligée de lui faire goûter, et il a adoré. C’est alors que Gremlinette est arrivée « et moiiiii ? »

Soupir, bien obligée de lui faire goûter aussi.

Au final, Gremlin a terminé la fin de la petite cuillère parce que Gremlinette voulait bien reprendre du pain mais « sans la confitue » (oui, elle a encore un peu de mal avec les R).

Et moi, je m’étais retrouvée HYPER frustrée, parce que privée d’os à moelle, mais super fière de mon petit gourmand en culottes courtes.

 

Donc là, quand j’ai décidé de faire mon paleron à la sauce aux herbes, j’ai bien pensé à demander à mon boucher un os à moelle, mais je ne pouvais pas le faire cuire dans le bouillon du pot au feu. C’est hyper gras et l’Homme n’a pas le droit.

Du coup, j’ai attendu que les Gremlins soient au pieu (on les avait sortis au parc donc ils étaient claqués) j’ai fait rôtir mon os à moelle au four et je me le suis mangé en apéro, toute seule, avec de la fleur de sel et du poivre du moulin. De toute façon, vu la quantité, je ne risquais pas de m’étouffer.

Pour qui aime, c’est juste parfait. A consommer avec modération tout de même, parce que c’est du gras à l’état pur.

A Lyon, il y a pas mal de bouchons qui en proposent en entrée. L’os fait une dizaine de cm de long et il est servi coupé dans l’épaisseur. J’en ai pris un jour et j’ai payé très cher ma goinfrerie, je n’ai pas pu finir ma délicieuse tête de veau sauce gribiche qui arrivait derrière, car mon foie me suppliait à genoux d’arrêter la maltraitance.

Mais si on en mange avec modération, c’est du bonheur.

 

Donc, pour un petit apéro lyonnais :

  • 1 petit os à moelle
  • 1 tranche de pain grillé de préférence
  • Fleur de sel, poivre du moulin

 

Préchauffer le four à 180°C, enfourner l’os à moelle une vingtaine de minutes.

Sortir du four, déposer l’os sur une assiette, faire tomber la moelle avec un couteau : on voit très bien le gras, je suis certaine que les artères se bouchent rien qu’en voyant le spectacle, mais c’est trop bon.

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Déposer la moelle sur le pain, assaisonner, croquer, déguster, soupirer d’aise… La vie à Lyon est belle.

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