couverture

La semaine passée, c’était l’anniversaire de l’Homme, et notre super baby-sitter était disponible et avait accepté de sacrifier sa soirée (le hic quand on a une baby-sitter géniale, c’est qu’elle est souvent prise, et quand en plus elle vient de trouver un boulot, on n’ose plus trop lui demander de venir garder les Gremlins), donc j’ai pu réserver un resto pour nous.

Je voulais rester sur le plateau* et en passant devant le Canut et les Gônes, qui se trouve juste en bas de chez moi, je me suis dit que c’était l’occasion d’y retourner. La dernière fois, ça remonte à deux ans, j’étais enceinte de Gremlinette et du coup, il y avait plein de choses que je n’avais pas le droit de manger. Je m’étais sentie très frustrée et je m’étais juré d’y retourner, c’était l’occasion. A chaque fois que je passe devant, ça sent super bon, pour peu que j’aie le temps de m’attarder à lire la carte, elle me fait toujours envie et surtout - et ça c’est le meilleur indicateur - le restaurant est toujours plein à craquer.

Alors je fais un peu d’histoire rapide, à l’attention des non lyonnais qui doivent trouver le nom de ce resto complètement cabalistique.

Les Canuts étaient les Soyeux (les ouvriers qui travaillaient dans les ateliers de tissage, je rappelle que Lyon était la capitale de la Soie) et un gône, c’est un gamin.

Pour commencer, parlons du décor : kitsch à souhait, avec sa tapisserie qui me fait systématiquement penser à cette vieille pub des années 80, ses horloges et toute sa déco chinée, j’adore. On est loin de ces restaurants branchouilles aseptisés qui se disent « lounge » avec leurs néons, leurs tables en béton ciré et leur absence totale de chaleur. L’accueil est à la hauteur du décor : souriant, chaleureux et sans être guindé. On peut dire que la soirée s’annonce bien.

 *note pour les non lyonnais : le Plateau de la croix rousse, sorte de ghetto bobo dans lequel j’habite. C’est comme un village dans la ville : tous les avantages de la ville (métro, bus, animation) et aussi ceux d’un village : petits commerces avec commerçants aimables, vie de quartier. Il faut savoir que je ne suis JAMAIS objective quand je parle de la Croix Rousse car j’adore ce quartier (normal, c’est le plus beau de Lyon ;o))

déco

Une carte assez réduite, ce qui est plutôt bon signe, qui change très régulièrement et qui propose de quoi satisfaire les mangeurs de viande comme ceux de poisson. La carte des vins est également variée, avec des tarifs abordables.

 

cartes

On commande les apéros (un pétillant rosé), puis on choisit nos plats : ce sera ris d’agneau et agneau en deux façons pour moi (j’adore l’agneau, faut-il le préciser ?) et seiches et entrecôte pour l’Homme.

Avant de commencer, on nous amène une mise en bouche : une crème de potiron avec de l’espadon fumé (youpi, je vais manger un truc que je ne connais pas), de l’aneth et du choux de Bruxelles râpé. C’est fin, on sent bien le parfum du potiron et l’aneth sans qu’aucun des deux n’éclipse l’autre. L’espadon est une découverte. C’est fondant, la texture rappelle celle des magrets de canard séchés. Le goût est subtil et se marie très bien avec le reste. C’est délicieux.

 

mise en bouche

Arrivent ensuite les entrées. J’avoue que je prends une claque avec la mienne. J’ai déjà mangé du ris d’agneau, mais là je dois dire que ça dépote : la cuisson est parfaite (fondant dedans, croustillant dehors) et tous les parfums  ressortent, en toute subtilité. Je torche mon assiette en deux coups de fourchette. Je goûte les seiches de l’Homme : elles sont très bonnes également mais rien ne pourra égaler les ris d’agneau pour mon palais.

ris d'agneau

 

Et les seiches :

seiches

Il y a pas mal d’attente entre les plats, mais là encore, c’est à mon sens plutôt un gage de qualité : peu de probabilité que ce soit de la cuisine d’assemblage.

On passe ensuite au plat principal. Mon assiette est belle et sent bon. Beaucoup de saveurs : de la cannelle dans le chou, du curry dans le croustillant, je me régale. Au passage, je finis le plat de gratin de pâtes de l’Homme : une tuerie (et pourtant, le gratin de pâtes, ça me connaît).

 L'agneau :

agneau

Et l'entrecôte de l'Homme (tip top également d'après lui) :

entrecôte

Je choisis de prendre un fromage plutôt qu’un dessert car aucun ne me tente (je l’ai dit et je le répète, je suis très chiante en desserts) et je ne le regrette pas. Je vois arriver un St Marcellin ENTIER, moelleux à souhait. Il était parfait avec mon verre de Crozes Hermitage.

fromage

L’Homme avait pris le millefeuille et a aimé aussi.

Millefeuille

Au moment de régler l’addition, nouvelle surprise : on nous offre un petit verre de liqueur de châtaigne. Le geste étant de plus en plus rare, il en était d’autant plus appréciable, et en plus, c’était très bon (pardon ? Arsouille ? Moi ?).

digestif

 

J’en remets une couche sur l’équipe, parce que je pense que c’est au moins aussi important que ce qu’on a dans l’assiette.

L’équipe des Canuts et les Gônes est vraiment au top. Etre serveur, ça veut dire être rapide, réactif, adroit, avoir de la mémoire, être à l’écoute et surtout, être aimable et souriant mais sans basculer dans trop de familiarité. Et tout ça, ce n’est pas facile, et ça doit l’être encore moins en fin de journée, quand on est face à des clients pénibles (et ça, malheureusement, il y en a partout) ou tout simplement quand on est moins en forme.

Donc un gros, que dis-je, un énorme bravo à toute l’équipe parce que franchement, autant de sourires et de bonne humeur, c’est vraiment très agréable pour le client.

 Le mieux, c'est d'aller vous-mêmes vous faire une opinion :

Le Canut et les Gônes

22 rue de Belfort

69 004 LYON

04 78 29 17 23

http://lecanutetlesgones.com/

Je vous conseille de réserver au moins trois jours à l’avance.