assiette 3

 

Cette année, je n’étais pas très inspirée au moment de l’anniversaire de Gremlin. Il faut dire qu’il était en phase « c’est pas bon » quel que soit le plat que je lui fourrais sous le nez (y compris s’il s’agissait d’une denrée qu’il avait réclamée à corps et à cris trois jours avant). Du coup, même si c’était SON anniversaire, j’ai décidé de ME faire plaisir et de cuisiner un plat que j’aime et qui était de saison (Gremlin étant un petit lionceau, nous étions alors en pleine période de légumes d’été).

Ne voulant pas non plus faire quelque chose de trop farfelu ni de trop basique, j’ai finalement opté pour un poulet que j’appellerai « roussillonnaise » (parce qu’agrémenté avec des saveurs du Roussillon).

Il n’a pas forcément été emballé, mais il a mangé, c’est déjà ça….

Nous, les adultes, nous avons aimé, alors je partage.

 

Pour mon poulet du Roussillon, il faut :

 

  • 2 poivrons rouges
  • 2 oignons
  • Quelques tomates cerises ou deux grosses tomates
  • Une grosse tranche épaisse de jambon cru de qualité non fumé
  • Des morceaux de poulet (cuisses, hauts de cuisses, ailes : des morceaux avec os, pour plus de goût)
  • 10 cl de rancio sec (à défaut, un autre vin blanc sec, mais ça n’aura plus le goût du Roussillon)
  • Sel, poivre
  • Huile d’olive
  • Une cuillère à soupe de sucre

 

 

Commencer par rincer les poivrons, les déposer dans un plat et enfourner à 180°C pour environ une demi-heure en surveillant pour que le dessus ne noircisse pas trop. S’il noircit trop, on baisse la température. Lorsqu’il est prêt, on le sort du four et on laisse refroidir.

Eplucher et émincer les oignons et les faire revenir dans deux cuillères d’huile d’olive. Lorsqu’ils commencent à être fondants, ajouter le sucre pour les faire légèrement caraméliser. Lorsqu’ils sont bien dorés, verser le rancio et porter à ébullition.

 

oignons

 

Là, pour une fois, j’insiste sur le fait de bien utiliser du rancio  et j’en profite pour digresser un peu.

Pour la petite histoire, j’ai un quart de sang catalan, du côté de Perpignan (euh, attends, la fille, elle a des origines ch’ti, alsaciennes, catalanes…. Et puis quoi encore ? Et pourtant, c’est vrai – pour info, le dernier quart est tourangeau mais ses influences culinaires ont été moindres), j’ai passé (et je passe encore) toutes mes vacances d’été à côté de Perpignan, ici,  chez mes grands-parents maternels, j’ai donc été habituée depuis toute petite à la gastronomie locale et à ses saveurs.

Le rancio sec est un vin qui est utilisé en cuisine, et il a vraiment une saveur inimitable. Il faut en user avec parcimonie, déjà parce que la bouteille n’est pas donnée, mais aussi parce qu’il est très parfumé et il n’est donc pas nécessaire d’en mettre des litres. Une simple rasade sublimera un blanc de volaille à la crème, des ris de veau en sauce, un risotto….

Il n’est pas forcément évident d’en trouver à Lyon (j’avoue me fournir à la source) mais je suis certaine que ça se trouve chez un bon caviste (et ce n’est pas ce qui manque ici). Si on n’en trouve pas, on peut prendre du vin blanc, mais comme je l’ai dit, la saveur du plat sera totalement différente et il manquera ce petit quelque chose qui fait son originalité.

J'ai fini de diggresser, revenons à nos moutons notre poulet.

Ajouter ensuite les tomates (de préférence mondées) et le jambon que l’on aura détaillé en lardons. Laisser mijoter à feu moyen en surveillant pour ne pas que ça attache.

 

oignons tomates jambon

Pendant que ça confit tout doucement, on s’occupe de notre poivron : on l’épluche, on enlève les graines et on le découpe en lamelles, puis on l’envoie rejoindre les autres ingrédients dans la casserole.

 

poivrons cuits

Vous allez me dire : « Mais pourquoi on s’embête à le faire griller, à l’éplucher, alors qu’il serait finalement bien plus simple et rapide de le découper en lamelles et de le faire revenir avec le reste des légumes ? »

Tout simplement parce qu’en cuisant, comme chez sa copine la tomate, sa peau va se rétracter, s’arracher en partie, et on va la retrouver en petits lambeaux dans le plat, et c’est franchement moyen en termes de sensations. De plus, le goût du poivron grillé est tout de même sympa et fait partie de ces petits trucs en plus, le « petit secret de Mamie » (ou de tata Fernande) qui donnent à un plat un goût typique.

legumes et jambon 3

 

Mettre les morceaux de poulet dans un plat, enfourner dans un four préchauffé à 170°C et faire dorer une vingtaine de minutes, voire une demi-heure. Il ne s’agit pas de cuire le poulet mais juste de le faire dorer. L’autre intérêt est qu’il va perdre une partie de sa graisse dans le plat qui va au four, et la sauce sera donc moins grasse.

Lorsque notre bestiole est dorée à souhait, on dépose les morceaux dans la casserole, on couvre et on laisse cuire à feu doux environ 40 minutes après avoir goûté et rectifié l’assaisonnement.

 

avec le poulet 2

Personnellement, je laisse cuire très longtemps car j’aime que les légumes soient très confits et la viande fondante, mais c’est une question de goûts.

 

Servir avec un riz blanc et un bon Cahors, ou mieux encore : un bon vin du Roussillon (un Collioure rouge par exemple).

 

 

assiette 6